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IIO l'enseignement de gAKVAMUM

gageetl'avant-goûtde rimmortalilé, du vrai n//'vana; et encore que la sainteté, — suppression du désir de l'existence et de la non-existence, indifférence à la sensation mais non pas anesthésie, pratique désintéressée de la loi, — suppose un long apprentissage au cours de plusieurs vies et qu'elle est, de fait, irréalisable au commun des hommes. Mais, parfois, la spéculation mystique perd de vue le vrai nirvana pour s'attacher à la notion de /li/vrma-sur-terre, et elle ne manque pas d'altérer cette notion même en considérant le thaumaturge comme un saint, en réduisant la sainteté à quelques-unes de ses marques extérieures, tranquillité béate du sage égoïste, anesthésie physique et morale. Le Bouddha a condamné cette méprise grossière : si la sainteté, si la domination de soi-même et des sens consiste à ne pas sentir, à ne pas penser, les sourds, les aveugles et les idiots seront des saints'. Cependant le Bouddhisme porte le poids de ses prémisses pessimistes, de son horreur de l'action, de ses attaches payennes, et on voit des saints en effet dans desascètes thaumaturges, praticiens des extases, dans des moines silencieux, dans de pauvres femmes dont je ne sais si elles sont sublimes ou idiotes. La littérature d'édification, — récits ha-

1. Majjhima, III, p. 'i98 ; voir Mme RJiys Davids, Buddhism^ sept. 1903, p. 47.

SAINTETE ET QUIETISME 1 1 I

giographiques, morceaux lyriques, hymnes des theras et des therls, profès et professes de la Communauté, sortes de confessions ou de soliloques,— accuse le caractère trivial de cette courte théologie; mais, en même temps, elle nous surprend par la sincérité et l'allégresse des « délivrés-vivants » qui savourent délicieusement le nirvâna-suT-terre et la joie de ne plus renaître, sans plus. — Le saint, c'est le père de famille entré dans l'Ordre, et qui dit à son épouse : « Lors même que tu jetterais notre enfant aux chacals et aux chiens, tu ne me déciderais pas au retour, ô misérable, pour l'amour de l'enfant^ », car, comme il est dit dans l'Upanisad, si on aime quelque chose ou quelqu'un, vaches, fils ou épouse, c'est pour le « soi », et dès que le « soi » est satisfait en lui-même, pourquoi aimer? — C'est une sainte que cette brahmine, désolée de la mort de six enfants, aussitôt que le Bouddha lui dit cette grande vérité : « Toute vie aboutit à la mort. » Elle possède la vraie sagesse, etla mort de son septième fils la laisse indifférente. Son mari s'étonne et, avec l'incohérence habituelle à nos personnages, il lui dit : « Pour sûr, tu es une ogresse et tu as dévoré tes autres enfants! » La bonne femme répond : « D'existence en existence de quoi ne faisons-nous pas notre nourriture ? Comme

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