Oldenberg-Foucher, p
2. Je dirai, si on m'y pousse un peu, une place prépondérante, cil faisant toutefois bien des réserves sur la notion de néant. — Les SCitras du Grand Véhicule, quand ils décrivent les doctrines du Petit Véhicule, établissent un rapport étroit entre lu « domination de soi-même » {himadaina)^ le « cahne » (ça»iat/ia) et le parfait nirvana (parinirvàxxa)^ Aslasâhasrikâ, p. 230.
ii8 1,'ën.seignement de çakyamuni
l'anéantissement; il est défendu de désirer un bien d'ici-bas : « Qu'est-ce que le mal? c'est ce qui est fait en vue d'un bonheur de ce monde^»; il est défendu de se complaire dans la perfection morale et dans la paix. D'après un texte du Majjhima, les pieux solitaires souillent leur pensée quand ils constatent qu'ils sont purs '^, par conséquent aussi quand ils se réjouissent de « vivre sans inimitié dans ce monde plein de querelles », quand « ils goûtent, au pied d'un arbre, ou enfermés dans la chambre de méditation, ce bonheur auquel les dieux portent envie », Bien plus, et en propres termes, Çakyamuni condamne les brahmanes et les religieux qui prétendent jouir du nirvana d'ici-bas par la possession bienheureuse des mêmes extases qui sont louées et expliquées dans le canon^.
Si donc il est arrivé aux bouddhistes de regarder en face l'idée d'anéantissement, — c'est probable, puisque Çakyamuni condamne cette idée comme hérétique, mais ce n'est pas certain, car elle est exprimée bien plus crûment dans les Upanisads que dans nos textes, — si surtout ils ont contemplé dans le nirvana le grand bonheur de ne plus revivre, et choyé l'idéal du saint égoïste et béat, ce sont là seule-