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Dïglia, I, p

BOUDDHISME POSITIVISTE IIÛ

ment des aspects du Bouddhisme, des courbes qui décèlent un lieu d'attraction puissant peutêtre, mais qui n'est pas le centre de l'enseignement dogmatique. Dans tous ces cerveaux, ne l'oublions pas, règne un brouillard opaque qui rétré'"it le cercle de l'attention, qui empêche de voir plus d'une idée à la fois. Les conceptions hindoues sont trop inconsistantes pour que nous les entendions sinon par à peu près.

Avec une égale sincérité, nos poètes et nos docteurs envisagent le nirvana^ tantôt comme un séjour inébranlable de félicité, tantôt comme la cessation de la souffrance. — Mais quelles que soient les résonances de la parole du Bouddha, elle semble bien se ramener au pragmatisme que nous avons dit, riche en métaphysique, puisqu'elle a pour principes cardinaux la croyance à l'acte et à la transmigration, l'espoir d'un nirvana ineffable réservé à ceux qui, sans désir aucun, sans le désir même du but, suivent le chemin et pratiquent les méditations ordonnées.

Mais telle n'est pas l'impression de savants éminents qui reconnaissent dans l'aspiration au néant et dans la théorie du nirvâna-^ViV-X.ç,vve, la pensée maîtresse de l'enseignement de Çâkyamuni. Ils en tirent, par des déductions

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rigoureuses, toute une dogmatique, une sorte de positivisme matérialiste.

Pour erronée et arbitraire que soit cette manière de voir, un juge impartial admettra qu'elle est séduisante, qu'elle a des points d'attache nombreux dans les Ecritures, que même elle se prête à une sorte de démonstration. Il la rejettera néanmoins, parce que, vus dans l'ensemble, le Bouddhisme et le canon se refusent à l'explication proposée. — Cependant, à l'examiner, nous verrons croître notre sentiment de méfiance pour toutes les reconstructions théoriques, sans excepter la nôtre, et nous comprendrons mieux que le Bouddhisme est incompréhensible.

On ne peut nier, — il faudrait faire un tri parmi les textes et nous nous le sommes interdit en principe, — que Çakyamuni n'ait pas pris fort au sérieux ses déclarations d'universelle impermanence et de non-substantialité ; qu'il n'ait pas contesté l'existence d'un moitranscendant^ ; qu'il n'ait pas défini le nirvana comme la disparition de la pensée, telle une lampe qui s'éteint ~. Dès lors, les affirmations canoniques : « 11 y a un moi, il y a un séjour exempt de douleur », ne furent-elles pas inspirées par le

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