Oldenherg-Foucher, p. 257, cité ci-dessus p
la/j l'enseignement de çakyamuni
gênants qui forment une partie considérable du canon, et disons mieux, le canon même. Mais nous avons vu que le Bouddha semble prendre plaisir à se jouer des thèses contradictoires : c'est une observation ancienne, et même canonique, que le Bouddha a diversifié son enseignement d'après les auditeurs. On fera donc un tri parmi les discours. Tout ce qui, dans la Bonne Loi, est enseigné « conformément à l'opinion du monde », ainsi que s'expriment les sources, s'écarte de la pensée du docteur infaillible; c'est-à-dire, non seulement l'existence du moi transcendant, qu'il affirme ou nie suivant l'occasion, mais encore la transmigration et le nirvana, séjour mystérieux des saints délivrés, dans lesquels il n'arrête pas d'exprimer sa foi profonde. Maître de la vie heureuse, de la vie heureuse ici-bas, il s'entend, et prônant par-dessus tout, en pessimiste, en ennemi de l'action, le calme serein du moine que chacun vénère et qui ne se laisse manquer de rien, le Bouddha aurait admis et rejeté en même temps toutes les conceptions que ses contemporains se font des vies passées et à venir: il voit dans la croyance à la métempsychose et aux enfers un remède contre la passion qui n'est que trouble et souffrance ; de même, sachant bien que la mort est l'anéantissement, destin inévitable de tout ce
qui naît, il se serait toujours refusé à le dire, tout en laissant suffisamment entendre sa pensée intime à ceux qui la pouvaient porter. — C'est ce qu'on a appelé l'ironie socratique du Bouddha.
A dire vrai, le grand tort de cette combinaison, — dont j'accentue les contours, car M. Rhys Davids n'est pas aussi précis, et personne, je crois, sinon peut-être des néo-bouddhistes sans autorité, n'a supposé que le Bouddha ait douté de la transmigration, — le grand tort de cette combinaison, disons-nous, c'est de ne pas tenir compte des réalités historiques, des circonstances de temps et de milieu. Si le Bouddha eut les pensées de derrière la tête qu'on suppose, il devait attendre, et de fait il a attendu le xxv® siècle de son nirvana pour trouver des interprètes sûrs, nourris dans le pseudo-positivisme occidental. « Les trois volumes de Hartmann sur Tlnconnaissable sont plus utiles à l'intelligence de la Bhagavadgïtâ que tous les commentaires sanscrits », écrivait récemment S. G. Mukerjee \ et P. Lakshmi Narasu a fabriqué son Essence of Buddhism avec la collaboration de tous les « scientists » de l'Ancien et du Nouveau Monde -. — Mais, en fait, jamais école bouddhique n'a