The Essence of Buddhisni, Madras
120 l/lîNSEIUNEMENT Uli I^IAKVAMUNI
confondu l'homme ordinaire, qui renaîtra, et le saint, qui ne renaîtra pas; nulle part on ne rencontre l'affirmation nette que le nirvana est le néant. Admettre que le Bouddha fut un matérialiste, à la façon des Gârvakas, alors qu'il damne sans merci les partisans de l'anéantissement à la mort, et qu'il ait placé le nirvana de ce côté-ci de la tombe, le nirvana, séjour exempt de naissance et de mort, c'est lui prêter une ironie, non pas socratique, mais du plus improbe renanisme. Les choses sont plus compliquées: l'Omniscient ne se laisse pas entendre aisément; il en est de sa psychologie comme de son image plastique. Si hellénisés que soient ses traits dans la statuaire du Gandhàra, ils gardent quelque chose de déroutant et de mystérieux. — La seule chose qui soit sûre, c'est que les moines du Petit Véhicule croient à la transmigration ; ils répètent, sans bien s'entendre eux-mêmes, qu'il n'y a pas de « moi » ; ils aspirent à un nirvana dont le calme béat des saints n'est que l'avant-goût, qui est « le meilleur », bien qu'il ne soit ni existence ni non-existence. Ne violentons pas les faits ; c'est les violenter que d'établir, parmi les discours du Bouddha, une échelle de véracité, une hiérarchie de valeur qui ruine la croyance à la transmigration et dépouille le nirvana de son mystère. Les bouddhistes ont
usé et abusé de la distinction des deux enseignements et des deux vérités; mais ils sont restés obstinément fidèles à deux dogmes, qui sont, pour eux, des vérités de sens commun : les hommes ordinaires vont de vie en vie, toujours malheureux ; les saints sont à jamais délivrés de la souffrance.
X'isite dlndra.
{Coiitpcirer page 2S5)