Majjhima, I, p
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ment parce qu'il a conscience d'avoir des idées claires, — plût à Dieu qu'elles le fussent en effet ! Si on se rend à ses démonstrations, ce n'est pas surtout parce qu'elles s'imposent du point de vue de l'expérience ou de la logique. L'enseignement du Bouddha, ne l'oublions pas, poursuit une fin exclusivement morale, le renoncement. Si le Maître sait, de science certaine, dire la vérité, c'est qu'il a reconnu par personnelle expérience l'efficacité de sa doctrine. Durant la nuit merveilleuse où il s'éleva de méditation en méditation et obtint l'illumination {bodhi) qui fait les Bouddhas, à mesure qu'il comprenait la douleur, sa cause, sa fin, le moyen de l'abolir, il constatait en lui-même l'abolition progressive du désir. La loi qu'il enseigne et la discipline qu'il prêche sont vraies, puisqu'elles sont efficaces, puisqu'elles l'ont lui-même purifié.
Et si les disciples croient, c'est parce qu'à leur tour ils constatent que Gotama est vraiment un « sans désir », un « délivré », un Bouddha. Quand il enseigne des doctrines « difficiles à voir, difficiles à pénétrer, supérieures à l'investigation », le Maître tire toute son autorité de son prestige moral. 11 est parfaitement pur; personne, il le proclame orgueilleusement, ne peut le reprendre d'aucune faute ^; il a visiblement triomphé de tous les principes d'affection,