FOI, RAISON, INTUITION
aussi vivement que ses tentatives d'assassinat sur la personne de son maître ! Ce serait s'attirer la réponse que fit le Bouddha à un moine sceptique : « Avec ses pensées dominées par le désir, pense-t-il pouvoir surpasser la doctrine du Maître '? » — Non, s'il faut être autonome, s'il faut s'attacher à la vérité de salut et non à la parole pharisaïquement comprise, c'est parce qu'il faut faire un choix parmi les textes contradictoires. Et ce choix, de fait, apparaîtra comme imposé par la tradition et par le Bouddha lui-même. Tantôt on se réclamera du maître immédiat et de la série ininterrompue des maîtres et des disciples; tantôt d'un saint dont le Bouddha a prophétisé la mission.
Bien plus, il y a des déclarations scripturaires pour infirmer l'autorité ou même contester l'authenticité d'une partie des livres : « H y a, dit le Bouddha, des gens qui écoutent religieusement et acceptent des textes composés par des poètes, poétiques, littéraires, exotériques, promulgués par les disciples... et qui laissent disparaître les textes promulgués par le Bouddha, profonds, de sens profond, surnaturels, consacrés à la doctrine du vide (ou du néant) ^. » Il va sans dire que les partisans des livres littéraires et exotériques, ennemis du vide ou du