Samyutta, II, p
l5o SYSTÈMES MÊTAI'IIYSIQUER
néant, afiirmeront que des déclarations de ce genre sont apocryphes. Par le fait, on rencontre rarement dans la littérature de polémique le grief d'interpolation, mais c'est sans doute pour cette raison qu'un argument ne vaut pas quand il n'est pas admis par l'antagoniste. La controverse porte le plus souvent sur des textes non contestés, et on prend la peine, à l'occasion, de le faire remarquer.
L'autonomie du fidèle doit s'entendre encore dans un autre sens. 11 arrive que les textes exaltent la foi, — et, parmi les saints, la scolastique distingue « ceux qui sont délivrés par la foi ^ », — mais l'adhésion purement dévote à la parole sacrée est considérée, en général et à bon droit, comme insuffisante. Pour que la vérité soit « nôtre », pour qu'elle agisse en nous, il faut, d'après les bouddhistes, une conviction libre, réfléchie, ne reposant pas sur autrui. Encore l'adhésion purement intellectuelle estelle impuissante à réaliser la sainteté. En termes techniques, le véritable « recours », le véritable moyen n'est pas le vijhàna^ connaissance discursive et intellectuelle, mais le jîïàna ou intuition. Non pas que l'intuition découvre des