A«giiltara, I, p. 118; Piiggalapannatli, iii
FOI, RAISON, INTUITION l5l
vérités nouvelles ou des aspects de la vérité qui échappent à la foi et à la réflexion \ mais parce que le but poursuivi est essentiellement d'ordre pratique. A comprendre le dogme de la douleur sous ses quatre formes, on reconnaît la fausseté des notions vulgaires, on distingue le transitoire et le permanent, le douloureux et le non-douloureux; mais on ne détruit pas le désir des choses périssables; encore moins fait-on disparaître de l'esprit les notions dont on a reconnu l'inexactitude. Or ce qu'il faut réaliser, c'est un sentiment profond et efficace de l'impureté du corps, de l'inexistence du « moi », du néant universel, etc., tel qu'on n'aperçoive plus, par exemple, dans une femme, qu'un squelette revêtu de chair, une magie créée par le désir; tel que la pensée devienne étrangère à toute passion, à toute complaisance, à toute antipathie. Ce n'est pas assez d'éteindre la soif des choses sensibles, il faut encore abolir la soif de la non-existence, engendrée par le dégoût, et la soif de l'existence, la plus tenace de toutes. Et, pour supprimer la soif, il faut déraciner l'idée même de plaisir et d'existence. La connaissance théorique n'est ici, nécessairement, qu'un prélimi-
1. Ceci n'est pas de tout point exact. Le fijiiâna ne connaît que le général, le concept; le jriàna atteint l'individu : son domaine, dans l'ordre religieux, est à proprement parler la réalité indicible, la k vacuité ». (Voir Madhyaniakai'vtti^ p. 43, n. 5 et additions.)