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PEKSONNALISTES l6l
Les «personnalistes» tirent surtout argument de la rétribution de l'acte dans une vie à venir : si celui qui se réincarne n'est pas le même que celui qui meurt, il s'ensuit que l'acte périt pour celui qui l'a accompli, et que le fruit est mangé par celui qui ne l'a pas semé. Double injustice, double impossibilité. Il y eut des docteurs assez raisonnables pour ne pas entendre ce que peut bien être une vie future qui n'est pas la vie future d'une âme.
Mais, s'il existe un moi, il faut concevoir le 7it>c^«7i« comme un mode quelconque d'existence. Nirvana^ de fait, ne signifie « extinction » que par une sorte de jeu de mots; ce terme, brahmanique d'origine, évoque surtout l'idée de calme et de bien suprême; les textes le glosent par naihçreyasa : « ce qui est le meilleur » ; les bouddhistes de tous les temps et de toutes les écoles parlent sans réserve du bonheur du nirvana. Nous nous sommes expliqués là-dessus, mais on notera que les « personnalistes » tirent parti des déclarations agnostiques et, notamment, de la négation dite à quatre branches : « C'est une hérésie de croire que le Bouddha existe dans le nirvana, qu'il n'existe pas, qu'il existe à la fois et n'existe pas, qu'il est étranger à l'existence et à la non-existence. » L'exégèse occidentale interprète ce charabia dans ce sens que la question du nirvauaest interdite;
102 SYSTÈMES MÉTAIMIYSIQUES
mais les « personnalistes » affectent d'y voir la confirmation de leur ontologisme : «Si le Bouddha », leur fait dire Nâgàrjuna, « a condamné l'hypothèse de la non-existence dans le nirvana^ c'est donc que le ;i?7V««« est existence M »
Cependant, parmi les quatre groupes de déclarations agnostiques, il en est un, celui relatif au « moi », où la négation ne présente que deux branches : « Il est faux que l'âme {jivd) et le corps [carlra) soient identiques, il est faux qu'ils soient différents 2. » Le même principe est, comme nous avons vu, développé sous de