‹ BouddhismeChapitre 91 sur 192 · Bodhicaryâvatâra, ch. ix · texte numérisé non relu

Bodhicaryâvatâra, ch. ix

2. Nous n'essaierons pas de débrouiller la littérature Madjiyamaka et Vijfiânavâdin, apocalypses et traités. Les deux écoles se divisent en une multitude de branches dont la plupart sont mal connues. Il suffira, pensons-nous, de marquer leurs tendances.

IÇ)6 SYSTÈMES .MÉT.M'HYSIQL'KS

milieu » [Madhyamakaçâstra) qu'on attribue, sans doute à bon droit, à ce grand docteur'.

Par milieu, chemin du milieu {madhyamâ pratipad)^ il faut entendre le vide ou vacuité {çûnyatâ) qui n'est ni existence, ni non-existence ; il faut entendre le silence qui n'est ni affirmation, ni négation; l'absence de tout mouvement intellectuel, de tout « murmure mental », louée dans les plus anciennes stances du Petit Véhicule. « Si j'avais une thèse quelconque », dit Nàgârjuna, « je serais en faute : mais je n'ai aucune thèse. Si je percevais, démontrais ou réfutais quoi que ce soit par la perception ou tout autre moyen de connaissance, je serais en faute : mais ce n'est pas le cas^, » — « La vérité vraie n'est pas du domaine de l'intelligence [buddhi) », dit Çantideva, « car l'intelligence se meut dans l'ordre du relatif et de l'erreur 3. » La philosophie, ou sagesse {prajhà) à l'état de graine [bîjabhiità)^ en attendant l'intuition suprême de la bodhi\ ne peut donc être qu'une méthode; une thérapeutique, non pas du désir, mais delà pensée; une critique de l'intelligence

1. Nous adopterons le point de vue des Mâdhyamikas-Prâsangikas (Buddhapâlita-Gandrakîrti-Cântideva), et négligerons 1 école de Bliâvaviveka, chef des Svâtantiikas. — Sources : Madhyamakavrtti, Madhyamakâvatâra, Bodhicaryâvatâra.

2. Voir Madhyamakavrlti, p. i6. — Il faut noter l'emploi abusif que fait Nàgârjuna du Kâtyâyanâvavâda (Samyutta, II, p. 17 Madh. vrtti, 269.5).

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