‹ BouddhismeChapitre 97 sur 192 · Buddliakîxraka dharma (Abliidharmakoçavyâkyâ · texte numérisé non relu

Buddliakîxraka dharma (Abliidharmakoçavyâkyâ

leusement, pour les croyants, les semences de bonne pensée, les hommages et les dons. — On sait que les aumônes ont une valeur proportionnelle à la sainteté ou à la dignité du « champ » ou du « vase » où on les verse. Combien il est édifiant et doux de penser qu'un moine irréprochable se sert de l'écuelle et de la natte qu'on lui a données ! Le mot même qui désigne les saints ordinaires du Petit Véhicule, arhat, signifie « digne d'aumônes ». Mais une simple fleur offerte au Bouddha défunt est plus précieuse que tout présent à des êtres inférieurs. Donc, d'une part, la vaine superstition que le Bouddha, sensible aux marques de respect, donnera des biens comme en donnent les dieux des païens ou aidera le fidèle d'une grâce prévenante, cette vaine superstition est exclue de la pensée d'un orthodoxe. Chacun travaille pour soi et mange les fruits de ses actes'. Sans doute la dévotion, si l'on peut ainsi parler, rend plus que ne valent les dispositions qu'on y apporte, car « petite semence porte grand fruit », surtout quand elle est semée dans un champ privilégié ; mais sa fécondité, comme celle de l'aumône aux nécessiteux, comme celle du respect filial, comme celle de la bienveillance pour le prochain, n'a rien de mystérieux.

1. On verra que la doctrine de l'acte personnel et irréversible a été modifiée dans le Grand Véhicule, ci-dessous p. 295.

PETIT VEHICULE PALI

Elle s'explique scientifiquement, psychologiquement, sans r'intervention d'aucune efficace

étrangère.

D'autre part, personne ni n'est parvenu ni ne parviendra au salut en dehors du triple « refuge », c'est-à-dire sans la méditation du saint disparu, sans l'enseignement de la loi, sans l'ordination monastique. Le Bouddha, bien qu'il soit mort, inconscient ou inactif, demeure l'indispensable aliment de la vie spirituelle. Ce serait une erreur grave de le considérer comme le héros éponyme d'une secte ascétique, une sorte de Pythagore ou d'Epicure. Nous sommes en Asie et la comparaison bouddhique, qu'il faut prendre à la lettre, nous défend de l'oublier: le Bouddha guéi-it encore aujourd'hui ces dangereuses maladies qu'on appelle les passions, comme le « poteau de guérison », consacré par un charmeur de serpents, continue à guérir bien longtemps après la mort du charmeur^. Le culte d'un dieu mort ou certainement inactif doit, à notre avis, manquer de sincérité ; mais nous sommes mauvais juges, car nous ne croyons ni au « poteau de guérison », ni au sorcier versé dans la « science des serpents ».

Il n'est donc pas impossible que l'attitude de l'orthodoxe à l'égard du Maître aboutisse à une sorte de latrie; cependant l'ancien Bouddhisme

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