Voir ci-dessous, p. 307 et suivantes
DIVINITÉ DU BOUDDHA 2j5
sa morale et ses institutions disciplinaires, et il sembla que l'invasion des mythes et de la dévotion marquait la dégénérescence de la Bonne Loi. Qu'une « terre bienheureuse » soit substituée au nirvana^ n'est-ce pas un comble d'abomination ? N'est-ce pas une pitié que la forme fantastique du Bouddha du Lotus^ remplace le maître humain et disert des vieux Suttas? Ce dédain n'est pas justifié, quelle que soit la valeur philosophique des deux Bouddhismes, le rationaliste et le religieux, — car ce dernier a donné naissance à des édifices doctrinaux d'une rare beauté et c'est bien lui qui a conquis, au prix de cruelles déformations, il est vrai, le Turkestan, le Tibet, la Chine et le Japon, pour ne pas parler de l'insulinde.
Mais, pense-t-on, ce Bouddhisme estmoderne? On craint qu'il ne puisse nous renseigner sur les premiers siècles; on affirme qu'il comporte des éléments extra-hindous. Max Muller, par exemple, a cherché ses origines dans l'influence des populations turques ou scythes qui envahirent l'Inde du nord vers les débuts de notre ère. On a parlé aussi de l'Iran, de l'art grec-.