‹ Bouddhisme [microform]Chapitre 165 sur 186 · D'après Foucher, Iconographie, ii, p · texte numérisé non relu

D'après Foucher, Iconographie, ii, p

3. Mahâvagga, vi, 28, 11 ; Dïgha, II, p. 88 , voir les remarques de Rhys Davids, Buddhist Suttas, p, 20, note. « This passage gives Buddhaghosa (le commentateur orthodoxe du canon pâli) a good deal of difficulty, as it apparently inculcates offorings to the

sphère ou dans leur district, déités hindoues et esprits locaux conservent leur suprématie :

celle-ci leur appartient en propre, soit d'origine, soit par l'efficace des austérités ou des formules ; même les pieux chroniqueurs n'hésitent pas à dire que Màra doit son rang presque souverain à d'anciennes générosités. — Rappelons que Çâkyamuni lui-même a été paré de la geste solaire et des marques de Narâyana, et qu'on lui donne le titre d'adorable Yaksa^ — Plus tard, même quand le Bouddhisme se sera créé un monde surnaturel, Bouddhas dieux et Bodhisattvas demi-dieux, le panthéon payen gardera sa prise sur l'imagination des bouddhistes.

Les dieux hindous demeurent, en principe, étrangers à Fœuvre du salut ; mais le fidèle a de nombreuses et légitimes préoccupations pour lesquelles la Bonne Loi, surtout à l'origine, ne présente guère de ressources. Le Bouddhisme des anciens temps n'encadre pas toute la vie : c'est un ordre monastique, sans plus ; il ne possède pas de rites pour la naissance, pour le mariage, pour la mort ; et lorsque, beaucoup plus tard, il s'organisera en église, il ne saura

gods, which is contrary not only to both the letter and spirit of Buddhism, but also to the practice of Buddhlsts...

1 . Majjhima, I, p. 366 ; voir Kern, Manual, p. 59, et Boyer, Journal Asiatique, 1906, I.

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pas démarquer ses emprunts multipliés, sauf peut-être dans les sectes pieuses et les tiersordres consacrés à Amitabha.

Si on désire la pluie, si on craint les inondations ou la morsure des serpents, on continuera à prier et à exorciser les Nâgas, les rois-dragons, « à la forme mi-humaine et mi-serpentine », génies des eaux souterraines et atmosphériques, apparentés du reste aux serpents ordinaires, redoutables surtout lorsqu'ils font récolte avec l'eau blanche des glaciers ou avec la grêlée Les gués outlrthas et les confluents des rivières garderont leur clientèle avide de purification, quoi qu'ait pu dire Çâkyamuni, et la littérature abonde en « advertisements for bathing resorts », comme dit plaisamment M. Hopkins^. Surtout la préhistorique magie et la puissance attribuée aux sorciers et aux pénitents demeurent un objet d'épouvante et de convoitise : charmes d'amour, de longue vie, de vengeance, avec les rites qui conviennent. Que la morale bouddhique les condamne, comme

1. Voir Foucher, Art gréco-bouddhique, I, p. 544-6; Sylvain Lévi, Népal, I, p. 320. Il y a de très nombreuses classes de Nâgas, terrestres, aquatiques, aériens, du mont Meru, célestes. — La mythologie se mêle au folk-lore, Senart, Le'^ererfe, p. 371.

2. Sur la purification des péchés par les bains rituels, voir notamment Therïgâthâ, 239; Gittaviçuddhiprakarana d'Aryadeva (?), 58 etsuiv. (J. A. S. B. LXVII, 2, p. 180) ; Wassilieff, p. 265, et Gâthâaamgraha de Vasubandhu {Mélanges Asiatiques^ p. 580).

l'ancien Brahmanisme et le Mahâbliârata^, c'est évident : il est même défendu aux futurs Bouddhas d'employer à des usages profanes leur connaissance de l'avenir^; mais aucun bouddhiste n'a mis en doute Tefficacité des rites, incantations ou austérités, qui confèrent les vertus magiques. La plupart des écoles admettent même que les ascètes non bouddhistes, non seulement prennent à leur gré telle ou telle forme, passent à4ravers les murs, émettent des torrents d'eau ou de flamme, — magie vulgaire, — mais encore qu'ils lisent la pensée d'autrui, savent ce qui se passe dans les cieux grâce à la vue et à l'ouïe divines, connaissent leurs anciennes existences. Ce sont des Bouddhas au petit pied : la vraie sainteté leur manque avec l'espoir du nirvana ; mais, comme les dieux et les démons, personnalités essentiellement magiques, ils sont tout-puissants sur l'homme et sur la nature aussi longtemps qu'un pouvoir équivalent ou supérieur ne vient pas contrebalancer ou primer le leur.

On voit que la doctrine bouddhique, si solide quand on la considère comme chemin de la délivrance, présente à d'autres égards de graves lacunes. Elle était peu capable de détruire les

1. xii, 197.7; voir Hopkins, Yoga-technique, 3 . A. 0. S., 1891, pp. 344, 372, 373. Le pouvoir surnaturel ne doit jamais être prostitué à des buts mondains.

2, Astasâhasrikâ, p. 334; De Groot, Code du MahÂyÂna, p. 98.

conceptions et les pratiques superstitieuses, car

elle ne contenait, dans son fond, rien qui pût

les remplacer.

Il faut encore tenir compte pour comprendre l'influence hindoue et en particulier la genèse du Tantrisme, d'un fait parfois ignoré ou négligé : si la doctrine bouddhique est insuffisante, les institutions disciplinaires ne sont pas ce miracle d'harmonie et d'unité qu'on a trop souvent admiré.

Sans doute, avec le noviciat, les précautions qui entourent l'ordination, la vie cénobitique, les réunions bi-mensuelles de lecture et de confession, l'ascétisme modéré, la sage réglementation des exercices méditatifs, la médiocre estime des pouvoirs magiques, — certaines branches de la Communauté étaient armées, en effet, ou s'armèrent pour braverles siècles, immobiles dans leur sagesse un peu étroite. Qu'on ait embelli quelques détails, que les sources mêmes nous offrent une image retouchée de la réalité, cela importe assez peu. Mais nous savons que les confréries bouddhiques, — « la Communauté des quatre points cardinaux », — constituent une Eglise non seulement sans pape, mais encore sans évêques et sans prieurs ^ ; nous

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