D'après Mahâlakçmîpâda, Subhâsitasamgraha, fol
RITES DE LA MAIN GAUCHE 4o7
n'est pas dûment qualifié par l'initiation et la gnose * .
Les sorciers bouddhisants appliquent à leur étrange théurgie la théorie des vertus parfaites {pàramitàs) qui produisent les Bouddhas; ils mettent en relation avec les cinq plaisirs (â/zûtnc^fl) les cinq Bouddhas et les cinq sciences composantes de l'intuition suprême; ils évoquent et interprètent à leur façon cette partie de la légende de Çàkyamuni sur laquelle l'histoire décente jette un voile^ : le séjour dans le harem. Gâkyamuni est devenu Bouddha en pratiquant les rites tantriques^.
Nous ne croyons pas cependant que tout soit impur dans cette théosophie erotique, ou, plutôt, qu'elle ne soit pas susceptible d'une interprétation honnête : on a eu souvent l'occasion de le remarquer, la contradiction est une des lois de la pensée hindoue, et le Tantrisme ne s'y dérobe pas. De même que le Gïtagovinda, le poème des amours de Krisna et des vachères, a été interprété et peut-être composé dans un esprit de mysticisme épuré, de même nos textes
1. D'après Kulârnava, Wilson, I, p. 261. De même les bouddhistes condamnent les kâinamàtraparâi/anaa . Il y a, pour les moines, une particulière imprudence à suivre la méthode tanlrique, Çarad Gandra Das, Tib. Dict. 867a.
2. Voir Senart, Légende, p. 30-i, sur la parenté de cet épisode et de la légende krsnaite.