Oldenberg-Foucher, p
82 l'enseignement de çakyamuni
ramener à un principe qui soit un. Cette position est si absolue, si fréquemment affirmée, si essentielle à l'intelligence du Bouddhisme primitif, qu'on ne peut la méconnaître sous peine d'erreur radicale ; mais, en même temps, elle est si originale, si foncièrement opposée à ce qu'on entend d'ordinaire par croyance religieuse, que c'est une grande tentation de chercher un trou, un subterfuge, — a loophole, — par où introduire, de quelque façon que ce soit, dans un système religieux aussi répandu, la croyance à l'âme et à la vie future, à la vie future d'une âme, il s'entend, [car le Bouddha admet la survivance des actions, du « caractère »], — fût-ce une croyance ésotérique et dissimulée. Mais il n'y a pas de trou, et tous les efforts tentés pour en trouver un se sont heurtés à l'opposition tenace des textes canoniques et des textes extracanoniques 1. »
Cependant, n'en déplaise à l'illustre écrivain que nous citons, la conception ésotérique, n'est-ce pas plutôt l'idée d'une vie future qui ne seraitpas la vie future d'une âme ? En tout cas, on ne peut ignorer que la littérature vulgaire ou d'édification, et toute la littérature ascétique, supposent la croyance au « moi » comme tout le monde l'entend. Chaque fois que le Bouddha
1. Dialogues of the Buddha, p. 189, note; voir aussi pp. 81 et 87, et American Lectures,