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22 INTRODUCTION ma fille de paraître la jeter en quelque sorte à la tête d’un
jeune homme, de quelque mérite qu'il soit doué, et de !
nous exposer ainsi, elle et moi, à l'humiliation d’un refus.
Voici maintenant ce que j'attends de vous, ou même ce que ! j'en exige au nom de notre vieille amitié : c’est que vous ! apporterez la plus grande circonspection dans la manière À dont vous ferez part à votre neveu du projet que je viens de vous communiquer; vous vous abstiendrez scrupuleuse- \ ment de lui donner à entendre que ce projet vient de moi; # vous lui en parlerez comme d’une idée que vous-même À avez imaginée. Quand vous aurez ainsi sondé ses disposi- ! tions, si vous remarquez qu'elles sont favorables à nos 1 vues, alors vous pourrez être plus explicite, et lui dire que À Vous avez des raisons de croire que, s'il veut faire auprès
de moi les démarches nécessaires pour arriver au but qu'il désire, il me trouvera disposé à accueillir favorablement sa demande; mais je ne saurais trop vous recommander, encore une fois, d'apporter à cette négociation toute la réserve, toute la délicatesse possible, car la moindre indiscrétion froisserait mon amour-propre et causerait la rupture de tous nos projets.
— Soyez tranquille, mon vieil ami, reprit M. d’Arboulin ; je comprends toute la délicatesse de la mission dont vôus me chargez, et j'espère la remplir de manière à satisfaire tous ceux qu'elle intéresse. Je connais mon neveu; s’il a, comme vous le dites, un caractère facile, il a aussi un excellent naturel, qui le porte à éprouver une vive reconnaissance envers ceux qui lui témoignent de l'intérêt et de l'affection. Je suis assuré d’avance qu’il accueillera avec enthousiasme le plan que je lui communiquerai, €! je ne serais pas étonné que dès demain il accourût ave: :pressement vous offrir ses actions de grâces, et qu’il me chargeât, dès le même jour, de vous demander Pour lui la main de Mike de Montanier. »
Sur celte nromesse, les deux amis se Séparèrent.
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1 même ce que | c’est que vous | ans la manière |
IV, — L'oncle et le neveu.
t que je viens | M. d’Arboulin s'était beaucoup trop avancé en assurant z scrupuleuse- Æ à SOn ami que son neveu serait enchanté de la proposition | vient de moi; @ qu’il était chargé de lui faire de la part du conseiller. Dès le vous-même M les premiers mots qu'il lui adressa à ce sujet, il s’aperçut lé ses disposi- À de son erreur, Le jeune Bougainville repoussa énergiqueorables à nos ff ment l’idée de s'assurer par un mariage la survivance d’une et lui dire que place de conseiller au parlement, déclarant qu'il était trop l it faire auprès ; jeune pour se marier déjà, et qu’il ne voulait pas enchaîner | er au but qu'il Mf Sitôt sa liberté. « D'ailleurs, ajouta-t-il, quand je me marie- | orablement sa M rai, j'entends choisir moi-même celle qui devra être la com- | ander, encore ! pagne de ma vie; je ne veux pas qu’elle me soit imposée, | te la réserve, Ë , Comme faisant partie de tel ou tel arrangement, où comme | > indiscrétion Æf Un moyen de me procurer un emploi. Le mariage est en j | a rupture de | } soi une chose assez sérieuse, assez grave, pour être une | "1 des affaires principales de la vie; il ne doit pas être l’acces- 1 . d'Arboulin ; 1 A soire d'une autre affaire, et en quelque sorte l’appoint d’un | on dont vous M as ché,» ie | 4 e à satisfaire M L'oncle insista avec force; il parla enfin de son ami Mon- | eveu ; s'il a, 3 tanier, car jusque-là il ne l'avait point nommé; il vanta son | issi un excel. "M désintéressement, il fit ressortir l'intérêt tout particulier 1 e reconnais- : qu'il portait à son neveu, les sacrifices qu’il était disposé Ë ntérêt et de 1 à faire en sa faveur : rien n’ébranla Louis de Bougainville, ! xeillera avec 4 qui persista à déclarer qu’il voulait être militaire. A la fin F Mi,.et je ne 4 l'oncle se fâcha, et adressa à son neveu une longue et vio- “PR ipres- à inte mercuriale qu'il termina par ces mots : « Tu vas être { lil me char. ## Cause que je me brouillerai avec mon meilleur ami; mais
r lui la main
tu me le payeras. À compter d’aujourd’hui, je ne te suis (
plus rien; je te renonce pour mon neveu; tu Acvais être L
ut. 47 mon principal héritier, mais tu 1. 'auras pas une obole de
ma succession, »
ï Bougainville écouta tête baissée les menaces de son oncle; . +?
7 il resta quelques instants sans répondre, pour laisser à 4 M. d’Arboulin le temps de se calmer; puis, quand il jugea
le moment venu de se faire entendre, il lui adressa ces paroles de sa voix la plus douce et la plus insinuante :
« Je suis désolé, mon bon oncle, de vous avoir mécontenté; c’est là, je vous jure, ce qui me cause une véritable affliction, et non la menace de me priver de votre succession. Déshéritez-moi tant que vous voudrez, mon cher parrain; mais ne me retirez pas cette affection toute paternelle que vous m’avez témoignée dès mon enfance, dès le jour où vous avez répondu pour moi sur les fonts de baptéme; cette privation serait pour moi plus douloureuse que la perte d’une fortune, fûüt-elle dix fois, cent fois plus considérable que celle que vous aviez intention de me laisser.
— Si tu tenais autant que tu le dis à mon affection, reprit l’oncle d’un ton un peu radouci, tu ne ferais pas tout ce qu’ii faut pour la perdre; tu ne me contrarierais pas comme tu le fais; tu tiendrais compte des engagements que j’ai pris
en {on nom avec un ancien ami de ton père et de moi, qui, .
dans le projet qu’il avait formé, n’était animé par d’autre intérêt que par le tien. C’est donc se montrer doublement ingrat envers lui et envers moi que d'agir comme tu le fais.
— Le reproche d’ingratitude que vous m'’adressez, reprit Bougainville d’un ton grave et pénétré, me touche profondément. C’est un reproche que je n’ai jamais mérité, pas plus dans cette circonstance que dans d’autres, et que, Dieu aidant, comme je l'espère, je ne mériterai jamais ; mais, pour m'en justifier à vos yeux, je me vois forcé de sortir d’une réserve que je m'étais imposée pour ne pas vous contrister, c’est-à-dire forcé de détruire l'illusion que vous vous êles faite sur le prétendu désintéressement de M. de Montanier.
— Quoi’ s’écria M. d’Arboulin exaspéré, oses-tu maintenant calomnier un homme de bien, un ami dévoué depuis quarante ans! Si je ne me retenais, je serais tenté de te battre. » Et, en disant ces mots, il brandissait d’un air menaçant la canne qu’il tenait à la main.
«Mon Dieu, mon oncle, reprit Bougainville avec le plus grand sang-froid, si vous êtes tenté de me battre, contentez
arotre 1 1 Eury À Décc “boulin A me d 1 “D Mremic onditi
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essez, reprit 1che profonmérité, pas es, et que, erai jamais ; ois forcé de Jour ne pas illusion que :ssement de
s-{u maintevoué depuis tenté de te ait d’un air
avec le plus , Contentez
otre envie; seulement je vous dirai, comme Thémistocle à Eurybiade : Frappez, mais écoutez. »
Déconcerté par ce sang-froid imperturbable, M. d’Aroulin dit d’un air maussade : « Eh bien! parle; qu’as-tu me dire de ce digne magistrat ?
| — Peu de chose, mon oncle: c’est que je ne suis pas le remier à qui il offre sa fille en mariage dans les mêmes onditions que celles qu’il vous a proposées.
— Comment! tu n’es pas le premier, dis-tu ? en es-tu or?
même le sixième; mais je ne suis pas certain de ce dernier ang, tandis que je puis affirmer et établir par des preuves
Me de Montanier a été offerte en mariage par son père,
4 Hepuis deux à trois ans et successivement, à quatre jeunes
Avocals aspirant aussi à la magistrature, Tous les quatre
: pr l’un après l’autre décliné cet honneur, quoique la jeune
ersonne jeur apportât aussi pour dot la survivance de la Luce de son père.
— Tu es sûr de ce que tu dis? Quelles sont tes preuves ? — Mon Dieu, je pourrais invoquer d’abord la rumevr Publique : c’est un fait tellement connu parmi les jeunes L vocais, que, lors de ma réception, en voyant les marques À ù bobo on exagérées que me nr M. de Montanier, Plusieurs de mes collègues se mirent à sourire, et j'entendis È utour de moi murmurer.ces mots : « En sal encore un
Qu'il va tâcher de prendre dans ses filets. Ce sera le cin- Muième. — Non, le sixième, répondit un autre. — Quand ous serons à dix, nous ferons une croix, » ajouta un trois ème. J’ai voulu avoir l'explication de ce propos. Alors on 1 d'a dit que M. de Montanier avait une fille passablement l dontrefaite, presque idiote, et que néanmoins il prétendait 1 marier à un jeune ligisté en lui assurant la survivance = sa charge. On m'a fait faire la connaissance de deux de
Ps prétendants sur lesquels M. de Montanier avait jeté son 1 EE. ils m'ont raconté, presque dans les mêmes termes “dont vous vous êtes servi tout à l'heure, les propositions Au leur avaient été faites par des tiers, et qu’ils ont repous-
— Oui, car je suis au moins le cinquième, peut - être
Ancontestables que je suis le cinquième, c’est-à-dire que
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sées dès qu'ils ont connu la fiancée qu'on leur proposait. 4 Mon frère, à qui vous pouvez en parler, en connait deux 1 autres, dont l’un est en ce moment juge au Châtelet, et dont 1 l’autre est procureur du roi dans je ne sais quel bailliage M de province. C’est la connaissance de ces faits qui m'a em-A pêché d’aller faire une visite à M. de Montanier après ma M réception ; j’ai cru, en lui envoyant un exemplaire de l’ou- M vrage que j'avais publié, avoir suffisamment satisfait aux 4 devoirs de la politesse envers lui. » 1
M. d’Arboulin avait écouté son neveu avec attention, tout M en donnant des marques d'’impatience et de doute sur ce L qu’il entendait. « Ces faits sont graves, dit-il enfin quand son neveu eut cessé de parler; mais je ne saurais croire 4 légèrement à leur réalité. À
— Comme vous, mon bon oncle, j'ai eu aussi des doutes ; 4 mais j’ai été bien forcé de me rendre à l'évidence. :
— Je ne suis pas non plus homme à lutter contre l’évi- À
dence, et, si je l’acquiers par suite de l'enquête que je me È sta propose de faire, tu peux compter que je n’insisterai plus À « sur une combinaison que je serais le premier à désap- 4 pi prouver, Mais ce n’est pas une raison, parce que cet arran-
gement n'aurait pas lieu, pour que tu abandonnes le bar- 4 reau et que tu embrasses l’état militaire. 3
— Ah! permettez, mon cher oncle, ceci est une autre 1 L question ; terminons d’abord la première : assurez-vous par N à vous-même si nous avons des raisons suffisantes de ne pas M paix accepter les propositions de M. de Montanier; ce point. fin : éclairci, nous causerons d’autre chose, » ® laq
M. d’Arboulin, après de scrupuleuses observations, recon:- + suc nut que son neveu ne l'avait pas induit en erreur. Il M qui parait que, sur la question de l’état militaire, celui-ci finit mai aussi par obtenir son approbation ; car quelques jours après 4 qui le jeune Louis de Bougainville se fit inscrire aux mousque- À La taires noirs, et ce fut le bon oncle qui paya les frais de son " gra
premier équipement.
leur proposait.
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Situation politique de la France en 1754. — Les camps d'instruction. — Bougainville au camp de Sarrelouis. — 11 devient aide de camp du général Chevert. — Après la levée du camp, on lui propose une pce de secrétaire à l'ambassade de France à Londres; il accepte. — Ses études diplomatiques.
Louis XV régnait depuis trente-huit à trente-neuf ans à l’époque où commence notre histoire. La France était en paix depuis le traité d’Aix-la-Chapelle (1748), qui avait mis fin à la guerre dite de la succession d'Autriche, guerre dans laquelle la France avait joué un rôle important, mêlé de succès et de revers. Louis XV avait accordé en roi une paix qui aurait pu être plus avantageuse, vu les derniers succès ; mais il avait hâte de rendre la tranquillité à ses peuples, qui souffraient depuis si longtemps des maux de la guerre. La précipitation que l’on mit à signer cette paix fut si grande , qu’en cédant à l'Angleterre l’Acadie et l’île du Cap-Breton, on ne régla pas même les frontières américaines entre les colonies anglaises et françaises. Aussi la guerre continua-t-elle presque sans interruption dans ces contrées, et ce fut, entre l'Angleterre et la France, le prétexte, sinon la cause, de la part que ces deux puissances
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prirent, comme nous le verrons bientôt, dans la guerre de Sept ans, qui éclata un peu plus tard.
Cependant toute la politique de Louis XV consistait à maintenir une paix qui lui avait coûté si Cher. Loin d’encourager la guerre qui se continuait dans l'Amérique et dans l’Hindoustan , il recommandait aux gouverneurs du Canada de cesser toute hostilité et de faire à tout prix la paix avec les colons anglais, leurs voisins ; en même temps il désapprouvait et rappelait de l’Inde Dupleix, qui venait de remporter de grands avantages sur les Anglais dans l’Hindoustan, et menaçait de les chasser entièrement de cette contrée.
L’Angleterre, au contraire, ne voyait dans la paix qu’une
halte pour reprendre des forces et se préparer à de nou- ,
velles entreprises. Elle améliorait ses finances par de sages mesures économiques, augmentait sa marine déjà si puissante, et, profitant de la faiblesse qu’elle remarquait dans le gouvernement français, elle ne cessait de le harceler de demandes par voie diplomatique, se tenant prête à recourir aux armes le jour où il se montrerait fatigué de ses exigences et disposé à les repousser.
Cependant le gouvernement français, prévoyant que malgré ses efforts pour la maintenir il serait forcé tôt ou tard de rompre la paix, songeait à ne pas se laisser prendre au dépourvu, sans toutefois faire d’une manière ostensible, et surtout trop onéreuse, des préparatifs de guerre. On imagina donc de créer des camps d'instruction où l’armée, dont la discipline commençait à se relâcher depuis la paix, s’exerçait aux grandes manœuvres et aux fatigues de la guerre, sous les ordres d'officiers généraux instruits et expérimentés.
Le principal camp de ce genre fut établi, en 1754, à Sarrelouis. Le commandement en fut confié au lieutenant général Chevert, officier général d’un rare mérite, quoique officier de fortune, et qui s'était signalé d’une manière remarquable pendant la dernière guerre. Il était doué d’un rare talent pour les évolutions Militaires ; ce qui le fit promptement remarquer dans un temps où cette partie était tout à fait négligée. Une étude et une pratique constantes
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consistait à r. Loin d’en- Amérique et verneurs du tout prix la même temps , Qui venait nglais dans lèrement de
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Dar de sages éjà si puisrquait dans harceler de te à recougué de ses
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n 1754, à lieutenant >, Quoique e manière doué d’un qui le fit Jartie était constantes
de la guerre, une exécution prompte, une valeur brillante, des actions d’éclat, lui avaient fait à juste titre une grande réputation.
Aussi, dès que l’on apprit sa nomination au commandement du camp de Sarrelouis, une foule de jeunes officiers français, et même un certain nombre d'étrangers, coururent solliciter la faveur, les uns de lui servir d’aides de camp, les autres de suivre en qualité de simples volontaires les opérations stratégiques exécutées sous ses ordres, tous d'étudier l’art de la guerre sous un maître aussi instruit et expérimenté.
Parmi ceux qui arrivèrent des premiers au camp de Sarrelouis se trouvait un jeune officier du bataillon provincial de Picardie, qui remit au général Chevert une lettre de recommandation de la part de M. Moreau de Séchelles!, intendant général de l’armée et ami particulier de Chevert. Voici les principaux passages de cette missive :
«Mon cher général,
« Je vous fais cette lettre pour vous recommander d’une « manière toute particulière le porteur de la présente. C’est « un jeune homme d’un mérite réel, instruit, laborieux, « d’un excellent caractère. Il se nomme Louis-Antoine de « Bougainville, est âgé de vingt-quatre ans, et appartient « à une très bonne famille de robe originaire de Picardie. « Son père, que j'ai beaucoup connu, était notaire et
1 Moreau de Séchelles, après avoir été successivement conseiller au parlement de Metz, maître des requêtes, intendant du Hainaut, fut nommé, en 1741, intendant de l’armée de Bohême; il déploya dans cet emploi la plus grande intelligence, soit pendant le blocus de Prague, soit pendant la retraite. Ce fut à ses soins et à ceux de Chevert, dont la réputation commença dans cette campagne, que l’on dut un ordre et une économie si bien entendus, que, malgré la disette qui régnait, les troupes ne manquèrent jamais du nécessaire. À partir de cette époque, il se forma une liaison étroite entre Cheyert et Moreau de Séchelles,'et cette amitié, fondée sur une estime réciproque, dura autant que leur vie. Moreau de Séchelles fut l’aïeul maternel du célèbre conventionnél Hérault de Séchelles. :
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« échevin de Paris. Il destinait son fils au barreau : celui-ci & a effectivement débuté dans cette Carrière, mais unique- « ment pour ne pas contrarier son père; aussi, après la « mort de ce dernier, il n’a pas hésité à suivre son pen- « Chant pour l’état militaire, et il s’est empressé de se faire « inscrire aux mousquetaires noirs -€ trouvait pas dans ce service les occasions d'acquérir « les connaissances nécessaires à un homme qui aspire à « s’avancer dans la carrière militaire, il a obtenu, l’année « dernière, d’entrer comme aide-major ? dans le bataillon € provincial de Picardie. En apprenant cette année la for- « mation d’un camp d'instruction à Sarrelouis, dont le € commandement vous était confié, il a sollicité et obtenu « l’autorisation d’en suivre les manœuvres. Au moment de € partir, il est venu me prier de lui donner pour vous une « lettre de recommandation » C6 que je fais d’autant plus « volontiers que, si vous l’honorez de votre protection, « nous n’aurons à nous repentir ni l’un ni l’autre, j'en suis € convaincu, vous de l’avoir accordée, moi de l’avoir solli- « citée. D’après ce que m’a dit son colonel, je pense que ce € jeune homme pourrait être un excellent aide de Camp; { Vous en jugerez mieux que moi quand vous l’aurez exa-
« miné; dans tous les cas, rappelez-vous qu’en l'obligeant € Vous obligerez votre vieil arni *
. Mais, comme il ne
€ MOREAU DE SÉCHELLES. ÿ
Chevert, avant d'ouvrir la lettre que lui présentait Bougainville, fut frappé du noble maintien, des manières aisées et de la bonne grâce du jeune officier. Une taille un peu au-dessus de la moyenne, des traits réguliers, une physio-
{Il y avait dans les gardes du roi deux Compagnies de mousquetaires : la première était montée sur des chevaux gris, et la seconde sur des chevaux noirs; c'est de là que leur est venu le nom de mousquetaires gris et de Mousquetaires noirs.
? L'aide- major était en quelque sorte l’aide de camp du colonel ou du chef de corps. En 1795, les aides-majors ont pris lé ñhom d’adjudants-
majors, qu’ils portent encore aujourd’hui, Les fonctions sont à peu près les mêmes,
nom parti de g hom
Séch Auna du t me | j'ai.
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rreäu ; celui-ci mais uniqueussi, après la ivre son penssé de se faire comme il ne ns d’acquérir > qui aspire à tenu, l’année 1 le bataillon année la foruis , dont le ité et obtenu U moment de our vous une d'autant plus è protection, tre, j’en suis l’avoir solli-
pense que ce
de de camp; l’aurez exa-
n l’obligeant