‹ Bouilly, Jean-NicolasChapitre 2 sur 7 · OC · texte numérisé non relu

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Les visites domiciliaires donnèrent une noaigre n^colte de fusils de chasse et quelques nQunitions dans une proportion insijîniliante.

Un grand nombre de personnes furent aussitôt interrogées au sujet de la scène du cimetière, mais aucune ne fournit des renseignements positifs sur ce qui s'était passé; toutes prétendaient ignorer le nom de celui qui avait tiré le coup de fusil sur Lalette.

On prit alors le parti d'arrêter tout le monde, dans l'espoir que par l'intimidation on arriverait à la découverte du cnvpable et de ceux q'ii l'avaient assisté dans ce que l'on voulait bien appeler l'insurrection.

La plus gran le partie des habitants de €ussay fut saisie par la troupe et enfermée dans l'église.

Mais, les interrogatoires, recommencés dans ces conditions, n'eurent pas fias de succès que les premiers ; ce que l'on recueillit ne pouvait servir à une base sérieuse d'accusation. L'auteur du coup de

feu et ses complices restaient toujours inconnus.

' René Guérin en quittant Cussay, dans la soirée du 31 janvier, s'était réfugié dans un petit domaine qu'il possédait près de Ligueil ; puis, craignant de compromettre ses métayers, il était allé plus loin, chez un de ses parents, Georges Mamour, dans la commune de Vou.

La propriété de Mamour était située sur la lisière d'un bois d'une étendue considérable et dans lequel les recherches de la force armée eussent été très-difficiles. Guérin s'établit dans ce lieu, s'abritant dans une cabane construite à la hâte avec des fagots de bruyères. Chaque nuit son parent devait lui apporter sa nourriture.

Guérin occupait cette retraite depuis deux jours, lorsqu'il apprit de Georges Mamour ce qui s'était passé après son départ de Cussay. L'arrivée àLahaye d'une Commission militaire avec la guillotine, les recherches

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faites à Cussay par un détachement de troupes, l'arrestation en masse des habitants du bourg, les interrogatoires qu'ils avaient subi, tout lui fat raconté. Mamour tenait ces détails d'un cultivateur de TArlandière qui avait pu s'échapper des raains des soldats.

Gaérin après avoir écouté ce récit demanda si sa femme, son fils et des habitants, ses amis, qu'il désigna, avaient été compris dans les arrestations, et sur la réponse aftirmalive de Mamour, il se leva et dit:

— S'il y a un coupable, c'est moi: je serais un lâche, un homme sans honneur et sans cœur, si je restais ici à me cacher tandis que ceux qui n'on rien fait sont en prison, exposés à la mort. Je pars ! Adieu Georges, et merci de ce que tu as fait pour moi I tu as agi en bon parent et Dieu te récompensera !

Et malgré les supplications de Mamour il s'éloigna à travers les taillis, qu'il quitta bientôt pour rejoindre la route qui conduisait à Lahaye.

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