Scène jouée à la suite de M. de Crac, le 3 avril
La Vieillesse de Piron, comédie en un acte, en collaboration avec J. Pain (18<0).
La Belle au Bois-Dormant^ féerie- vaudeville en deux actes, en collaboration avec Dumersan (^8^ 1).
Robert -le- Diable, comédie en deux actes, en collaboration avec Dumersan (1812).
La Manie des Romans, comédie en deux actes, en collaboration avec N... (Il est dou-
teux, dit Qaérard,que cette pièce ait été imprimée, bien que l'auteur me l'ait assuré). »
Le Séjour militaire^ opéra- comique en un acte, musique d'Auber (1813).
Le Prince efi Goguette^ comédie en deux actes, en collaboration avec Desaugiers
Les Jeux Floraux, opéra en trois actes, musique de Léopold Aimon (1818).
Valentine de Milan, drajne lyrique en trois actes, musique posthume de Mehul (1822). La partition fut achevée par Daussoigne.
Les Deux Nuits ^ opéra- comique en trois actes, en collaboration avec Scribe, musique de Boïfcldieu (^829).
Parmi celles de ces pièces qui obtinrent le plus de faveur, on remarque René Descartes, Léonor ou V Amour conjugal, rAbbé de l'Epée, les Deux Journées, Haine aux Femmes, une Folie et Valentine de Milan,
Les plus faibles sont '^es Jeux Floraux et la Jeunesi^e de Henri IV ; cette dernière fut impitoyablement sifflée.
Comme auteur dramatique, Bouilly a un
mérite qui ne peut être contesté. Pour me servir d'une expression un peu commune mais qui est passée dans le langage du théâtre, il possède un talent tout particulier pour charpenter une pièce ; sous ce rapport il a une analogie bien marquée avec Sedaine, comme il le reconnaît lui-môme dans un des couplets de sa chanson Petit bonhomme vit encore :
Je n'ai point du vieux chansonnier La grâce, l'esprit et la veine; El ne suis qu'un vieux charpentier A la manit'Te de Sedaine.
La disposition des scènes, te dessin des tableaux, l'enchaînement des incidents, décèlent chez Bouilly une grande habileté ; la peinture des caractères de ses personnages prouve qu'il a une connaissance parfaite du cœur humain. Il sait conduire et graduer avec art l'intérêt des événements et des situations ; ses dialogues sont généralement bien menés, pleins d'animation, piuqants, et il lance le trait avec adresse. Ses dénouements sont adroitement préparés.
A côté de ces qualités de l'auteur, les critiques signalent des défauts que Ton ne peut nier.
Le premier consisterait dans une certaine exagération de sensibilité : en visant à l'émotion il lui arrive en efftt quelque fois de dépasser le but : sa sensibilité devient de la sensiblerie. C'est pour cela que ses détracteurs le surnommèrent \e poëie lacrymal.
Le second défaut résiderait dans la faiblesse de ses vers, de ses couplets. Ce fut par ce côté que ses ennemis l'attaquèrent vigoureusement. Ils ne lui tinrent aucun compte des excellentes compositions dues à sa plume et s'attachèrent seulement aux œuvres faibles, pour les ridiculiser ainsi que leur auteur.
On lui fit une guerre acharnée et cette persistance d'attaques violentes et injustes le jeta dans un tel découragement qu'il se détermina, dès 1829, à ne plus travailler pour la scène.
Quoiqu'il en soit, Bouilly a rendu d'éminents services au théâtre. Comme l'a dit
— lie —
justement racad(^micien Viennel : « On ne « le trouva jamais parmi les corrupteurs du a jçoùt et de la morale ; ses pièces in- <c spireni l'amour de la justice et de la vérité. (( Il restera comme un des bons auteurs '< dramatiques que la France s'honore « d'avoir produits. »
Les ouvrages de Bouilly autres que ceux qui se rapportent au théâtre sont assez nombreux. Voici leur liste, en omettant toutefois les discours ou rapports qui sont plutôt du ressort de ses fonctions administratives que de sa carrière littéraire:
La Rentrée de Sicardà i Institution des sourds-muets^ nouvelle en prose, 1800, in- 8.
Causeries d'un Vieillard^ 1807, in-12.
Contes à ma Fdle, 1809, in-12.
Conseils à ma Fille, 1811, 2 vol. in-12.
Orètrij en famille OM Anecdotes littéraires et musicales relatives à ce célèbre Compositeur, rédigées parM.Grétry, neveu, précédées de son oraison funèbre, Bouilly, 1815, in 42.
Les Jeunes Femmes, 1819, 2 vol. in-12.
Les Mères de Familles, 1823, 2 vol. in-12.
Confes offerts aux Enfants de France, 1" partie, 1824, in-12 ; 2" partie, 1825, in-12. (Oat été traduits en ant^lais). — En 182G, l'Académie française décerna à l'auteur une médaille de 2,000 francs.
La Remise des Trois-Ecoles^ à -propos en vers, 1825.
Les Encouragements de la Jeunesse ^ 1825, 2 vol. in-12. — Une édition en 1861.
Contes à ines Petites Amies ou Trois mois en Touraine, 1827, in -'12,
Le Portefeuille de la Jeunesse^ Paris, 1829-31, 20 vol. in-^8.
Contes populaires, 1830, in-12.
Ce que nous devons aux Femmes, récits en vers, 1832 ; se trouve dans les Mémoires de la Société d'agriculture d'Indie-ôt-Loire, année 1832, p. 132-38.
Les Adieux du Vieux Conteur* 1835.
Le Septuagénaire o\i le Chant du Cygne, pièce en vers, 1835, insérée dans les Mémoi.^es de la Société d'agriculture d'Indreet-Loire, année 1835, p. 160-54. — On y
— Ils —
remarque ce trait qu'il décoche au régime de n.
Voulez vous assurer de votre indépendance Les droils sacrés et les bienfaits ï Ah ! ne parlicipez jamais Aux désordres de la licence.
IS'afîublez point la liberté De ce bonnet ensanglanté Dont elle fut jadis flétrie.
Dès que Texécrable anarchie
Envahit le pouvoir, les droits du souverain,
On ne peut faire un pas sans craindre poursa vie.
Au coin de chaque rue on trouve un assassin.
Mes Récapitulations^ -1830, 3 vcl. in-l2.
Le vieux Glaneur^ ou De tout un peu, (Recueil de poésies) ; Paris, Louis Janet.
Explication des 12 écussoris qui représentent les emblèmes elles symboles des douze grades philosophiques du rite écossais, dit ancien et accepté par l'ill/. F .*. représentant du G.*. M.-. deTordremaç.*. en France. 1837, in-4°.
Jeunes^ Élèves, 1841, in-18.
Notice sur Chérubini^ in-8.
Nouvelles Causeries d'tin Vieillard, 4838.
— Ud —
La Discrétion (œavre ; posthume), 1846.
Petits Contes d'une mère à ses enfants, (œavre posthume) 184ô,iQ-'l2.
La plupart des productions qui forment cette hste ont été écrites pour la jeunesse, comme leurs titres l'indique. Rival heureux de son ami Berquin, Bouilly eut comme lui le talent de conquérir les sympathies des enfants. Dans tous ses contes, dans toutes ses historiettes, il fait preuve d'une imagination vive, d'une fertilité ingénieuse et d'un goût épuré. Sa plume, alerte, tendre, insinuante, sait toujours trouver le chemin des cœurs et les captiver. Les sujets qu'il traite sont empreints d'une morale pure, enseignée sous des formes attrayantes.
Les mêmes appréciations doivent s'appliquer aux ouvrages ayant pour titre les Jeunes Femmes et les Mères de famille. Mais le talent de l'auteur semble faiblir dans ses Contes populaires; on s'aperçoit que Bouilly est sorti du domaine qui convenait plus particulièrement à son talent, à ses goûts.
Un défaut déjà signalé dans ses œuvres
dramatiques se retrouve dans ses contes : il y règne une sensibilité qui sort parfois des limites du naturel.
Bouilly n'a pas été aussi heureux en poésie que dans ses autres compositions. Après 1830, il a publié , sous le titre de le Vieux Glaneur^ un volume composé d'une centaine de pièces de vers, dans lesquelles il se montre animé des meilleures intentions ; mais ses efforts ne sont pas couronnés de succès. Lamuse inspiratrice à laquelle il s'est adressé a obstinément fait la sourde oreille, et elle lui a impitoyablement refusé le feu sacré qui constitue le génie du poëte.
Du reste, l'auteur ne s'est jamais dissimulé son peu d'aptitude pour ce genre de littérature : « Je ne suis point un poëte, et « n'ai songé de ma vie à le devenir, dit-il, « dans sa préface. La simplicité de mes u goûts et l'habitude constante de causer en u prose avec la jeunesse ; en un mot, la • certitude où je suis, d'après Boileau, que
« vainement un téméraire auteur veut es- « sayer de gravir le Parnasse
S'il ne sent point du ciel l'influence secrète, Si son astre en naissant ne l'a formé poëte.
« tout a contribué à me faire préférer au « langage des Dieux le babil ravissant des a jeunes filles. »
Et il s'excuse de publier son volume, en disant qu'il a cédé aux instances des personnes qui lui avaient inspiré ces poésies fugitives.
Trois ou quatre petites pièces, égarées parmi tint de médiocrités, font pardonner à l'auteur l'ensemble du recueil : ce sont des chansons qui furent chantées au Caveau /mwpais, où Bouilly avait été admis. Elles sont assez piquantes et l'on y trouve avec plaisir un certain reflet de la verve de Désaugiers.
Je ne puis me dispenser de dire quelques mots d'une notice biographique de Bouilly, conservée dans la bibliothèque de Tours.
Il l'a lui-même rédigée, sous forme de lettre adressée à son ami Chalmel. La date n'y
est pas, mais il est tacile de lui assigner celle qui lui appartient. L'auteur disant dans l'énumération des pièces de théâtre de sa composition que l'on s'occupe, au moment oii il écrit, de la répétition de yalenUne de Milan, c'est à l'année 1822 que sa lettre se reporte.
Chalmel préparait alors le quatrième volume de son Histoire de Touraine qui devait être consacré aux biographies des hommes célèbres nés dans cette province. Dans le principe, il avait probablement lintention d'y faire figurer des personnages encore vivants, et c'est dans cette pensée qu'il avait sollicité quelques notes de Bouilly. Mais plus tard, il renonça à cette idée, craignant, a-t-il dit, a que l'amitié qui le liait a à quelques-uns ne rendît ses éloges sus- « pects, et que l'on put attribuer à un motif « contraire les critiques émanées de sa u manière de voir et de sentir à l'égard des « autres. »
Quoiqu'il en soit, Bouilly lui adressa sa
propre biographie ; j'en extrais les passages suivants.
a A cette époque (1793) le régime de la « Terreur fat établi et le jeune auteur dra- « matique fut aussi ardent, aussi zélé à en a combattre les excès qu'il s'était mon- « tré partisan de Tégalité des droits et de oc la destruction des privilèges. Forcé de « suspendre ses travaux dramatiques et de « se réfugier dans le pays qui l'avait vu « naître, il quitta Paris et revint à Tours, « où, dans les différentes fonctions importan- « tes quon le força d'accepter^ il ne cessa de « se montrer l'ennemi des excès et d'exposer (( sa vie pour sauver celle de ses concitoyens. « Sa tête fut menacée, et sans la chute de « Robespierre il eût été infaiUiblement au (( nombre des victimes...
« Bouilly vient d'être nommé secrétaire- « perpétuel de la Société académique des « enfants d'Apollon qui réunit tout ce qu'il « y a de plus marquant dans les arts et (( de plus estimable dans les lettres ; il est (( membre d'un grand nombre de sociétés
(( savaBtes et littéraires ; mais il n'a aucun (( titre salarié, aucune décoration, n'ayant « jamais rien demandé et se trouvant trop (( heureux de n'appartenir qu'à lui, de ne « devoir rien à qui que ce soit, de compter (( un grand nombre d'obligés, n'ayant d'aua tre ambition que de vivre dans le souve- «( nir de quelques amis, des mères tendres a et des jeunes Olles qui ont daigné l'ho- « norer du titre de leur ami et de pouvoir tt dire un jour en s'endormant paisiblement « sans crainte et sans regret :
Vixietquem dederat cursum fortuna peregi.
« Voici, mon Chalmel, ton vieil ami tout a à nud; habille le comme bon te semblera « et signale- le selon ta volonté à tes nomc( breux lecteurs. N'oublie pas que je me « glorifierai toute ma vie d'avoir contribué (( avec toi et plusieurs autres à propager « dans le beau Jardin de la France, l'égalité (( parmi les hommes et, surtout, à combat- (( tre les exaltés qui ont voulu profiter de « ce système pour servir leurs passions....
« La mienne fut V indépendance ; tu m'ap- « pris à y ajouter celle de Tamitié. Je me a livre donc sans réserve et sans crainte à « tes savants crayons, et je désire surtout « que nos descendants lisent dans ton inté- « ressaut et bel ouvrage que je fus ton ami.