‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 102 sur 347 · Notice, p. XI · texte numérisé non relu

Notice, p. XI

2. L'aiidituirc de Saiiil-l'aiil, dans la paruisse iln Marais, clait composé des plus hauts personnages de la ville et de la cour.

escomptait sûrement le bien des âmes et la gloire de Dieu.

Parlant à une société qui prétendait être une élite, mais dont les exemples délétères n'étaient que trop contagieux, Bourdaloue, en face des courtisans corrompus, hommes libertins et femmes mondaines, n'avait pas à farder sa parole. Les susceptibilités, les fausses délicatesses de ces raffinés lui importaient peu. Il ne s'inquiétait pas de leurs murmures et de leurs critiques. Leur mécontentement était une preuve qu'il disait la vérité et que sa parole portait juste et pénétrait dans les plaies de leurs cœurs. A part les intéressés, ceux qui se sentaient touchés, on ne s'offensait pas de son indépendance de langage. A cette époque, M'"" de Sévigné écrivait au comte de Guitaut : « Il a déjà fait trois sermons admirables^ », et elle ajoutait peu après : « Si nous n'avons pas bien fait nos Pâques, ce n'est vraiment l)as la faute de Bourdaloue : jamais il n'a si bien prêché que cette année ; jamais son zèle n'a éclaté d'une manière plus triomphante, j'en suis charmée, j'en suis enlevée^. » Le Carême prêché à Saint-Paul attira un si grand concours que M"^ Madeleine de Lamoignon disait dans une de ses lettres : « Je vois bien que ma santé ne peut soutenir la presse et le grand nombre. Mercredi dernier, je m'y suis trouvée si mal que je n'ose plus m'y engager^. «

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