‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 111 sur 347 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'avejnt de 1697 a la cour

La prédication de Bourdaloue de 1689 à lf")i)7. — Sermons prêches durant cet intervalle. — Situation de la France à cette époque. — h'Avent de IG'.n. — Une méprise du P. Bretonneau. — La prédication de Bourdaloue devenue moins militante et moins sévère. — Ser)non sur la Science des Sninls. — Obligation d'atteindre à la sainteté dans la condition où Ton est placé. — Il y a eu des saints à la cour. — La nécessité de conformer sa condition à sa religion. — Triompher de soi en toute rencontre. — Saint Louis. — Compliment au roi. — Beauté de ce sermon. — Le sermon sicr la Nalivilé de Jésus-Chrisl. — La Nativité, mystère d'une crainte salutaire et d'une sainte joie. — Part faite à l'actualité. — « Affligez-vous et consolez-vous. » — La crainte nécessaire au salut. — Sacrifice de la sensualité et de l'orgueil. — Le Dieu des bergers et des pauvres est le Dieu des grands et des rois. — La cour n'est pas réprouvée de Dieu. — « Un grand devenu un saint est le plus grand au ciel. » — Félicitations à Louis XIV. — Adieux à la chaire royale. — Ce sermon clôt le ministère de Bourdaloue à la cour. — Elévation, sagesse et indépendance de cette prédication. — Sûreté et pureté de la doctrine de Bourdaloue. — Sa réputation oratoire. — Réserves faites à l'admiration outrée de ses partisans. — 11 se jugea toujours inférieur à Bossuet. — « Le grand Pan» n'enthousiasmait pas constamment M""" de Sévigné. — On reconnaissait que le don de la sensibilité ne lui avait pas été départi dans une aussi large mesure qu'à M. de Meaux. — Le genre Bourdaloue. — Les PP. Gaillard et de La Rue. — Le genre à la missionnaire. — Le P. Séraphin. — Ses succès faciles et passagers. — Bourdaloue a fait école.

La carrière oratoire de Bourdaloue à la cour s'étend de 1670 à 1697. Ce n'est certes pas sans diflicullcs qu'on parcourt un champ si vaste, car c'est à peine si, en présence de tant de richesses magnifiques jusqu'ici trop confusément classées,

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on parvient à y découvrir les sermons ayant leur date, jalons espacés l'un de l'autre qui permettent à peine de tracer et de frayer une ligne directrice dans une œuvre d'une aussi grande étendue. Il est même des moments où la critique, en dépit de ses recherches, ne réussit pas à fixer un seul des sermons [jrononcés durant ces intervalles. On ne trouve alors aucune indication qui autorise à affirmer que tel sermon appartient à telle année et à tel jour. Ces interruptions et ces lacunes sont d'autant plus regrettables qu'elles troublent dans son unité et brisent dans ses lignes une œuvre de la plus haute portée et de la plus grande importance et la recouvrent d'une obscurité à travers laquelle ne pénètrent que de rares et rapides lueurs.

De 1089 à 1697, au cours de ces huit années, on ne recueille que quelques simples détails historiques et chronologiques. La station de VAvent de 1690, prèchée à Saint-?Sicolas-des-Champs, ne répercute aucun écho ni dans les chroniques ni les comptes rendus de l'époque, et on est dans l'impossibilité de déterminer les sermons qui y furent prononcés. En 1691, c'est à peine si l'on trouve quelques rares indications sur l'Aven t que Bourdaloue prêcha à la cour. Dangeau se borne à dire que, le jour de la Toussaint, «le roi, dans la chapelle de Versailles, a|)rès avoir communié des mains de l'évêque d'Orléans, son premier aumônier, entendit, dans l'aprèsdîner, la prédication de Bourdaloue^ ». La Gazette

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