‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 115 sur 347 · Ihid · texte numérisé non relu

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l'aVRNT de 1097 A T.A COUR 187

lui une couronne de saint. Etre saint et être roi, lui disait-il éloquemment, c'est le miracle de la grâce! De plus les saints se sont servis de leur religion, ajoute Bourdaloue, pour sanctifier leur condition. (( La science du monde leur avait appris qu'il y a clans chaque condition certains désordres essentiels que la religion seule peut corriger, certains péchés dominants dont elle peut seule préserver, certaines tentations délicates que seule elle est capable de surmonter, certains abus notoires, certains scandales au-dessus desquels la religion seule peut s'élever : voilà ce que savaient les saints, et aussi étaient-ils bien assurés qu'avec le secours de la religion il n'y avait dans leur condition ni désordre, ni p(''ché, ni tentation, ni scandale, ni abus dont il ne leur fût aisé de se garantir... De là vient que les honneurs du siècle ne les ont point enflés ni éblouis, que l'abondance des biens ne les a pas corrompus, qu'ils n'ont point abusé de l'autorité, qu'ils ont été grands sans orgueil, puissants sans violence, riches sans injustice, sans dureté, sans luxe, sans prodigalité : Pourquoi? parce qu'en toutes choses ils conformaient leur condition à leur religion... Indépendamment de cette règle, dans quels abîmes ne seraient-ils pas tombés? à quels excès l'ambition n'aurait-elle pas porté les uns, et jusqu'à quel point la cu])idité n'aurait-elle pas aveuglé les autres? Pour soutenir ces conditions où ils se voyaient élevés, ({ue ne se seraient-ils pas cru permis? et dans le pouvoir de tout faire, quels excès impuné-

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ment et sans scrupule n'auraient-ils pas faits? par combien trusurpations et d'attentats les forts n'auraient-ils pas opprimé les faibles? C'est ce que la politique du monde leur conseillait, mais de quoi la religion de Jésus-Christ leur a donné une sainte horreur ^ » Ce langage n'est rien moins qu'admirable. Pour éviter les désordres du passé, les péchés dominants, les tentations délicates, les abus, les scandales, pour ne plus rouler au fond de ces abîmes, l'apôtre indiquait aux courtisans et au roi le moyen efficace, la religion seule, capable df fixer leur faible cœur.

« Sans la religion, poursuitBourdaloue, les saints, en effet, auraient succombé en mille rencontres aux plus déréglées et aux plus honteuses passions: leur raison, je ne sais en combien de pas glissants, aurait été trop faible pour les retenir; combattus par ces tentations, d'an tan l plus dangereuses qu'elles sont plus humaines, ils auraient été hommes comme les autres, emportés, intéressés, vicieux, scandaleux comme les autres. Qui les a fait triompher? les armes de la foi... Leurs conditions étaient pui'ifiées, sanctifiées par leur religion... Sans la religion, les saints, pour n'être point esclaves des devoirs de leur condition, auraient su, aussi bien que les autres, n'en prendre que l'honorable et le commode, et en laisser le difficih' et le pénible; le monde, accoutumé à ce

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