Sertnon sur la Science des Huinla
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ils avaient honte de n'avoir pas pour Dieu une olîéissance aussi prom])te et une fidélité aussi inviolable que celle dont ils se piquaient à l'égard de leur prince; et cette comparaison les portait à tout entreprendre; ils se reprochaient avec douleur d'être moins vifs et moins empressés pour le Dieu de leur salut que pour le maître dont dépendait leur fortune temporelle... Alors ils parvenaient à avoir pour Dieu cet amour de préférence si nécessaire au salut, et néanmoins si rare à la cour; mais Dieu voulait que la cour même le leur enseignât et leur fournît un motif auquel ni leur raison, ni leur foi ne pussent résister ; et quel était ce motif? je le répète : l'application sans relâche avec laquelle ils faisaient leur cour à un homme mortel, la disposition de n'épargner rien pour lui plaire, le parfait dévouement à ses intérêts, la soumission aveugle à ses volontés, l'infatigable assiduité auprès de sa personne, l'attention à mériter ses bonnes grâces, l'ambition d'être à lui, la crainte d'être oubliés de lui, beaucoup plus d'en être disgraciés, tout cela était pour les saints autant de leçons du culte suprême et de l'amoui' souverain qu'ils devaient à Dieu'.» Bourdaloue démontrait ainsi à ces courtisans, si empressés de plaire, d'obéir et de s'abdiquer, qu'ils devaient à Dieu infiniment plus qu'à leur maître mortel, et que, par un amour de pn-férence et de choix, ils devaient, avant tout, se consacrer à lui et le servir.