Sennoti sur la Parole de Dieu
était pour lui une réponse non équivoque, et alors, pour apprendre à Louis XIV et à ses courtisans qu'on ne moralise son cœur qu'en l'humiliant, le vaillant apôtre s'élevait ainsi contre l'orgueil qu'il jugeait le plus grand obstacle à la conversion et au salut : « Dans cette vie, vous êtes comme les dieux de la terre... A force d'être éblouis de votre grandeur, vous oubliez celui dont vous êtes les images; à force de vous attacher à vous et de ne vous occuper que de vous, vous ne pensez plus à celui qui règne sur vous. Mais dans le dernier jugement, ces dieux de la terre, humiliés, serviront à l'impie d'une démonstration palpable qu'il y a un Dieu au-dessus de ces prétendus dieux. En ce jour-là, tout ce qui ne sera pas Dieu sera petit, sera bas et rampant, sera comme un atome, comme un néant devant lui; en ce jour-là, toutes les grandeurs humaines seront abaissées, toutes les ' fortunes détruites, tous les trônes renversés ^ » A un pareil langage, les plus altiers se courbaient; l'orgueil humain, effrayé de toutes ses audaces, sentait qu'il n'était qu'un atome, qu'un néant, et le monarque et les sujets, à la pensée du vrai Dieu qui serait un jour leur juge, s'anéantissaient sous le poids de leurs iniquités et de leurs misères.
Enfin, quand Bourdaloue célébrait les succès et les victoires de Louis XIV, il ne manquait jamais d'en profiter pour lui faire la le(,'on, et la morale se
•1. Sermon sur le Jur/emenl dernier.