‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 127 sur 347 · L AVENT DE 1697 A LA COUR · texte numérisé non relu

L AVENT DE 1697 A LA COUR

mêlait à ses louanges. « De cet éclat qui vous environne, lui disait-il, de ce nom qui retentit dans toutes les parties de la terre, de cette réputation quia passé jusqu'aux extrémités du monde et qui vivra dans la plus longue postérité, de ces batailles gagnées, de ces victoires ^-emportées, de tant de faits mémorables, rien ne restera devant Dieu, que ce qui se trouvera marqué de son sceau : cela seul subsistera, cela seul fera pour vous le fond d'une gloire solide et d'un mérite éternel^ » Mais, comme ces leçons n'étaient pas toujours suivies, il ajoutait avec amertume : « A force de violer la loi, la crainte de Dieu s'affaiblit, le libertinage se fortifie et prend le dessus ; au commencement, on sauve les dehors, mais à la fin on lève le masque, on ne se contraint plus... Voilà ce qui obligeait les prophètes à painilre dans les cours des princes ])Our opposer au torient de l'iniquité le zèle de la loi qui les animait; et me voici chargé du même ministère et envoyé |)our la même fin-. » Haut et saint enseignement que celui de Bourdaloue, c'était l'enseignement divin. De|)uis l'Kvangile, cet enseignement renouvelle les mêmes défenses, il impose les mêmes obligations, il prononce les mêmes arrêts, s'étendant à tous ; il embrasse tous les états, il ne distingue ni qualité ni condition, il commande à l'universalité des âmes. Basé sur Dieu, la conscience et notre nature régénérée, cet enseignement est l'expression d'une loi

•1. Sermon pour la Purification.

■2. lùid.

inéluctable dont toutes les transgressions volontaires et graves sont des crimes. Ce fut la gloire de Bourdaloue d'en être l'interprète courageux et fidèle devant tous, et à toutes les heures, durant son ministère à la cour.

On s'explique, après cela, que la réputation de Bourdaloue comme orateur fut fortement établie et universellement respectée. L'abbé Le Gendre, secrétaire de M. de Harlay, dont on doit apprécier le témoignage sur la valeur oratoire de Bourdaloue, disait de ses sermons : a A l'égard de ses sermons, ils ont été accueillis par les acclamations de tous ceux qui les ont entendus, et on les a trouvés aussi beaux quand ils ontété imprimés. Us ont été traduits en latin, en italien, en espagnol, en allemand, en anglais ; il n'y a pas jusqu'aux protestants qui ne les estiment. Est-il une plus forte preuve d'uu mérite extraordinaire'?» Il ajoute, et cela donne une grande force à son jugement, à cause de son impaitialilé : « Je n'hésite pas à rendre justice au V. Bourdaloue, quoique je n'aie pas lieu de me louer de lui. Lorsque je vins à Paris dans le dessein de m'y établir, je l'allai voir, croyant qu'il se souviendrait des services que des gens à qui j'appartiens lui avaient rendus à Rouen où il avait commencé à briller, mais il les avait tout à fait oubliés, et je fus loin d'être satisfaitdema visite-. » Quant à M"" deSévigné, elle

1. Mémoires de labbc Le (iciuirc. chanoine de Notre-Dame, secrétaire de M. de Ilarlay, archcv{V|iie de Puriss. publiés par M. Roux, Paris, 1863, in-8% p. 20.

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