‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 128 sur 347 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

l'aVENT DL 1607 A LA COLK 207

trouvait que la parole du prédicateur faisait des prodiges, et elle se plaisait à dire : « Ceux qui ont de la mémoire prétendent connaître ses sermons; pour moi qui n'en ai point, ils me sont toujours nouveaux ^» Un poète avait dédié ces vers à Bourdaloue :

a Quand ce grand orateur, avec son air pieux,

Prêche ou parle en public, chacun crie au miracle ; On récoute comme un oracle.

Comme un ange venu des cieux ;

On garde le silence, on retient Thaleine, Et l'on a même de la peine

D'entendre murmurer tout bas ses envieux 2. »

Toutefois Tadmiration n'était pas unanime. Une dame du xvif siècle, fort distinguée par sa culture littéraire, élevée aux côtés de M'"^ de Maintenon et sa parente, faisait des réserves. « La parole de Bourdaloue, disait-elle, a un charme régulier, quoique souvent monotone, et ne cesse d'enlacer les âmes dans des liens subtils et puissants ''. » Le grand Arnauld appelait le prédicateur (( un Nicole éloquent' ». M'"" de Maintenon, M""' de Sévigné, elles-mêmes, sentaient parfois baisser leur enthousiasme ; elles nous en fourniront bientôt la preuve. Ces appréciations, où la critique se mêle à la louange et la tempère, peuvent aider, par l'atténuation des

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