Faydit, remarque, c. xiii
■i. Souvenirs de M'"" de Caylus.
i. Réflejcivns sur Véloquence dea prédicuteurs.
208 BOLRDALOUE
éloges trop exagérés, à marquer la vraie place de Boiirdaloue dans l'opinion de ses contemporains et dans les fastes de l'éloquence de la chaire.
C'est une justice à lui rendre, Bourdaloue, que ses partisans voulaient poser comme le roi des orateurs, n'acceptait pas les éloges outrés'. On a une idée de sa modestie à la réponse qu'il fit un jour «à Louis XIY. Le roi désirait savoir ce qu'il pensait d'un religieux capucin qui opérait de nombreuses conversions : « Sire, lui dit-il, s'il écorche les oreilles, il déchire les cœurs, et il est bien plus prédicateur que moi, car on restitue, k ses sermons, les bourses qu'on a volées aux miens ~. » 11 ne s'agissait pas du P. Séraphin, nous pourrons bientôt nous en convaincre. Un autre mot prouve encore combien il s'appréciait peu flatteusement. 11 répondait à un ami qui lui demandait quel était celui de ses sermons auquel il donnait la préférence : « C'est celui que je sais le mieux, parce que c'est celui que je dis lemieux^. »
Parmi ses admirateurs, il en fut qui prétendirent le placer au-dessus de Bossuet, mais l'élite des lettrés s'éleva contre pareille prétention. On l'a dit avec vérité : « Les sermons de Bossuet étaient des chefs-d'œuvre, ils sont admirés aujourd'hui jdus peut-être encore qu'au premier jour; les sermons de Bourdaloue étaient des discours d'un mérite solide et dont le fond plaisait aux esprits sérieux^. »