‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 130 sur 347 · Gaucher, Revue politique el littéraire · texte numérisé non relu

Gaucher, Revue politique el littéraire

l'aVENT de 1607 A LA COUR 209

Il convient de le reconnaître, « l'éloquent jésuite fut l'un des premiers qui étala dans la chaire une raison éloquente et y apporta une lumière nouvelle. Il remplissait la ville de ses sermons et se faisait écouter des auditeurs qui avaient applaudi Bossuet' ». Remarquable par la clarté, la concision, la solidité, s'il n'atteignit pas au sublime et n'eut pas le génie créateur, il reste, au jugement de la vraie critique, l'un de nos meilleurs et de nos plus grands sermonnaires. Qu'on se garde de croire et de répéter, comme l'a dit excellemment Sainte-Beuve, que l'éloquence de la chaire dans le sermon était à naître quand Bourdaloue parut.- Bossuet avait prêché la plus grande partie des siens; et en laissant même de côté Bossuet, qui fait exception en tout, il y avait déjà des sermonnaires qui avaient en partie réformé la chaire'^. Cela n'enlève pas à Bourdaloue l'honneur d'être un maître et de mériter le titre de grand que lui avaient décerné ses contemporains. Se jugeant inférieur à Bossuet, il n'hésitait pas à proclanier sa supériorité. Il en faisait l'aveu en toute circonstance et, en un jour solennel, où il eut à traiter le même sujet que lui, il s'écriait, du haut de la chaire, sur un ton de sincérité qui ne trompait pas : Après ce que vous avez ouï d'une bouche « plus éloquente que la mienne», ce serait à moi de me taire". Dans son admiration pour le génie de

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