‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 131 sur 347 · Oraison funèbre du r/rand Condé · texte numérisé non relu

Oraison funèbre du r/rand Condé

BOUROALOL'E.

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Bossuel, il était heureux de s'effacer devant lui. Il sentait qu'il n'était pas fait pour s'élever à sa sublimité. Bourdaloue considérait Bossuet comme le roi des orateurs et il ne lui disputait pas le sceptre de la grande éloquence.

A certaines heures, ses plus fervents adeptes, M'"" de Sévigné elle-même, reconnaissaient qu'il manquait quelque chose à sa parole et sentaient leur enthousiasme faiblir. La marquise, elle, qui l'avait surnommé : le grand Pan! trouvait que son éloquence n'avait pas parfois assez de force persuasive, ne réchauffait pas assez son cœur. Tels étaient les aveux échappés à la plume de sa fervente admiratrice : « Jai été au sermon, disait-elle à sa fille, mais mon cœur n'a point été ému; ce Bourdaloue,

« Tant de fois éprouvé,

L'a laissé comme il Ta trouvé »,

et elle ajoutait : « C'est peut-être ma faute», ne voulant pas dire que c'était celle du prédicateur. Dans une autre circonstance, elle reconnaissait encore l'impuissance de la voix aimée et s'exprimait ainsi : « J'en suis charmée, j'en suis enlevée, et cependant je sens que mon cœur n'eu est pas plus échauffé; et que toutes ces lumières dont il a éclairé mon esprit, ne sont point capables d'opérer mon salut. Tant pis pour moi! Cet état me fait souvent beaucoup de frayeur'. » Les résistances intérieures que

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