‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 132 sur 347 · L AVENT DE 1697 A LA COUR 2H · texte numérisé non relu

L AVENT DE 1697 A LA COUR 2H

se reprochait M""' de Sévignéet ([ue touleréloquence du grand Pan ne parvenait pas à briser, ne provenaient-elles pas de ce que, dans sa prédication, l'imagination et la sensibilité ne prenaient peut-être pas assez de place? En parlant de ses sermons, Xisard n'a pas craint de dire : « Bourdaloue n'avait rien pour l'imagination, et c'en était peut-être le principal défaut'.» L'imagination est une faculté précieuse et puissante et, comme un de nos critiques contemporains l'appelle, « une faculté de découverte»; elle ouvre, en effet, les horizons et les dore de ses rayons. La raison, l'imagination et la sensibilité réunies, on ne saurait le nier, sont à elles trois les sources vives et jaillissantes de la grande éloquence. Pour être un sublime orateur, il faut avoir plus qu'un « feu de tête », il faut avoir surtout le ^^n du cœur,

« Car c'est la voix du cœur qui seule au cœur arrive ! »

La parole de l'homme, en effet, n'agit fortement sur l'homme et ne l'émeut dans le plus intime de lui-même que, lorsque, conçue par l'intelligence, elle est colorée par l'imagination et réchauffée par la sensibilité; alors seulement elle pénètre l'àme, se répercute au plus profond de notre être et nous fait tressaillir. A cette œuvre, le talent, si grand qu il soit, ne suffit pas ; il est besoin du génie qui naît de la

Page 1