L'un en 1670 et l'autre en
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tisans, de M"" de Maintenon et de Louis XIV. On subissait une fascination, et l'engouement fut tel qu'on était loin
« De croire que ces choses Finiraient par des chants et des apothéoses »
en l'honneur de Bourdaloue. Le roi était ravi au point de dire : « Voilà un prédicateur qui donne Tenvie d'être d('vot. » Faisant écho à l'admiration royale, Dangeau écrivait, au sortir du sermon des Pâques, le 22 avril 1696 : « Le roi trouve ces ser- 7nons~là plus de son goût qu'aucuns qu'il ait jamais entendus. » M""" de Maintenon renchérissait encore : « 11 fait pleurer... Jamais succès ne fut égal, toute la cour en est charmée. » Dans son enthousiasme, Louis XIV demandait un jour à MM. de Vendôme et de La. Rochefoucauld pourquoi ils ne venaient point l'entendre? Parce que, lui répondit le duc, il ne pouvait entendre un homme qui disait « tout ce qui lui plaisait » sans que personne eût la liberté de lui répondre. 11 y avait dans la saillie du gentilhomme libertin un mot qui indiquait la fausseté de la méthode oratoire du P. Séraphin : « il disait tout ce qui lui plaisait », et la chaire clirétienne ne le permet pas. Mais le prédicateur qui, en présence même de Bourdaloue, était entré de plainpied dans la faveur royale, devait bientôt, à la simIc de ses hardiesses déplacées, de ses satires vii-ulentes. de ses apostrophes personnelles, échouer et déchoir:
LAVENT DE 1697 A (-A COLll 2lt
la station de 1099 marqua la lin dn ministère du gardien de Meudon à la cour. IVengouement s'était évanoui, et la vraie et la bonne prédication, le genre de Bourdaloue, avait pris sa revanche et reconquis l'empire.
On raconte qu'un jour, dans son enchantement pour l'éloquence du P. Séraphin, M'"' de Maintenon, sortant du sermon du capucin, rencontra le P. Bourdaloue qui en sortait lui aussi, et qu'elle lui aurait dit entre autres choses : « Voilà, mon Père, comme il faut prêcher... — Madame, lui aurait ré|)on(lu Bourdaloue, je suis bien fâché de ne l'avoir su plutôt, cela m'aurait épargné bien de la peine ^ » Quand le gardien de Meudon dut, après la station de 1699, descendre de la chaire royale pour ne plus y remonter, alors qu'il était l'objet des lazzis des courtisans et que l'indifférence avait fait place à l'enthousiasme d'antan. M'"* de Maintenon dut sans doute faire réparation d'honneur à Bourdaloue et sentir combien son admiration ]>our le prédicateur qu'elle lui proposait comme modèle était surfaite et peu justifiée. Elle devait se rappeler alors VAvent de 1697, où Féloquent jésuite avait ravi la cour et suscité tant de regrets en faisant ses adieux à la chaire royale. L'opinion ne ratifia jamais le jugement porté par elle et par Louis XIV, l'élite des esprits demeura fidèle à Bourdaloue. La chanson, cette expression fine et mordante de l'esprit français, s'en mêla, l'on
1. L'abbé Fleury tenait ce propos de M. de Villefon. Voir le Carême de 1609, par J.-B. Vanei ; Université catholique, lo juillet 1899.
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fredonnait le couplet suivant, si peu agréable aux oreilles de la grande dame qui occupait la place des reines :
« La cour n'a plus le goût si fin,
Soit qu'elle blâme ou qu'elle loue,
Témoin le Père Séraphin.
La cour n'a plus le goût si fin,
Elle met ce bon capucin
Au-dessus du grand Bourdaloue ^.. »
A rheure de cette popularité si éphémère, où M""" de Maintenon se permettait de proposer au grand |)rédicateur le P. Séraphin pour modèle, Bourdaloue, à la pensée de la peine que lui coûtaient ses sermons, éprouvait le sentiment exprimé déjà par lui, en 1C7T, au maréchal de Gramont : « Je travaille des sermons nouveaux dont la composition m'occupe un peu plus que ceux des missionnaires de Bayonne'. » Le rapprochement fait entre lui et le P. Séraphin par M""' de Maintenon et la supériorité attribuée si injustement à ce dernier n'étaient pas de nature à faire regretter à Bourdaloue la peine et le labeur qu'il s'imposait ; il avait fécondé son talent par l'étude, la méditation, le respect des règles oratoires, la fréquentation des grands modèles, et il était devenu l'un des premiers sermonnaires du xvii" siècle.
Observons, à la fin de ce chapitre, que Bourdaloue,
1. Carême de 1099, liniversitû catholiquo, numéro du lîi juillet 18'.)9.