‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 139 sur 347 · Le P. Lacordaire, Conférences de Soire-Daine · texte numérisé non relu

Le P. Lacordaire, Conférences de Soire-Daine

L ACTION ORATOIRE DR ROrRDALOUE 225

ruine huinaine, il y a des regards pcwlanh', le mot n'est pas nouveau, et on a pu dire de Massillon : « 11 a l'œil éloquent et c'est là son plus beau geste ^ » Quelle n'est pas la lumière que l'œil de l'homme répand lorsqu'il brille de toute l'intensité de son éclat! quelle n'(^st pas l'émotion qu'il produit lorsqu'il se voile de tristesse ou qu'il s'illumine de bonheur ! Quel n'est pas le tressaillement qu'il communique lorsqu'il éblouit de ses rayons et lance ses éclairs d'admiration, d'enthousiasme, de passion ou de béatitude ! L'action oratoire, dans sa beauté, comporte donc la distinction des manières, la noblesse du port, la voix en accord avec les vérités que l'on expose, la dignité et l'ampleur du geste, la douceur et l'acuité du regard, le jeu naturel et vrai de toute la physionomie.

Les dons extérieurs que nous venons d'énumérer sont rares, ils ne sont départis qu'à un petit nombre et ils ne suffisent pas au succès, s'ils ne sont soutenus par la faculté qui est la base indispensable du débit, la mémoire. En vain aurait-on reçu de la nature, avec toutes les qualités de l'action oratoire, l'heureux don d'une diction parfaite et capable de persuader, de plaire et d'émouvoir, on ne saurait être éloquent, si on n'a à son service le secours indis])ensable d'une bonne mémoire. L'absence de cette faculté paralyse tout dans le débit d'un discours, elle en entrave la marche, elle rompt le fil des

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