‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 140 sur 347 · Essai sur l'Éloquence, t. II, p · texte numérisé non relu

Essai sur l'Éloquence, t. II, p

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idées, elle empêche le récit d'être vif, alerte, coulant, et elle expose celui qui parle, par ses interruptions et ses infidélités, à riunniliation et à la confusion. Cicéron range la mémoire parmi les qualités premières et essentielles de l'orateur et il Fappelle le trésor de l'esprit K Nous avons cru devoir placer ici ces quelques simples mots sur la mémoire parce que les rares critiques qui ont refusé à Bourdalouc les qualités de Faction oratoire ont prétendu même que la mémoire lui faisait défaut. Maury n'a pas hésité à dire que le célèbre jésuite avait une mémoire ingrate^ de même qu'il a affirmé qu'il prêchait ayant sans cesse les yeux fermés. Il nous sera facile de fairejustice de ces accusationset de démontrer que le plus grand prédicateur du xviT siècle, après Bossuet, n'était pas affligé de ces défauts. Voyons tout d'abord quelle était l'opinion qu'avaient de lui ses contemporains.

Les contemporains de Bourdaloue furent unanimes à célébrer la puissance de son action oratoire. Les maîtres de la critique et du goût le présentèrent, en effet, de son vivant, comme le modèle de l'orateur chrétien. En 1687, La Bruyère plaçait notre prédicateur à côté de l'évêque de Meaux et ne craignait pas d'écrire : « Tous deux, Bossuet et Bourdaloue, maîtres dans l'éloquence de la chaire, ont eu le destin des grands modèles, l'un a fait de mauvais censeurs, l'autre de mauvais copistes', » M'"^ de Sévigné

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