Le Mercure ijalaiil
L ACTlOiN OKATOIUE DE UOURDALOUE 231
réformes. Dans sa modestie, Fénelon ne consentit pas à publier les Dialogues de son vivant. Ses héritiers trouvèrent cet ouvrage dans ses nombreux manuscrits, et le sauvèrent de l'oubli ; les Dialogues ne furent imprimés qu'en 1718. Jugeons des intentions de Fénelon à cette déclaration et voyons si elles étaient prétentieuses et agressives : « Sans aucun esprit de critique, disait-il, dès les premières pages, formons, selon notre idée, un vrai prédicateur. » La sagesse des conseils contenus dans ce livre a fait juger à Nisard que : « Les Dialogues de Fénelon sont un des ouvrages de critique les plus originaux de notre langue'. » Cette appréciation flatteuse avait été devancée par Maury lorsqu'il avait affirmé : « Nous n'avons pas de meilleur livre didactique pour les prédicateurs. Toutes les règles de l'art y sont fondées sur le bon sens, sur le bon goût et sur la nature". »
Quand Fénelon composa ses Dialogues^ l'éloquence de la chaire en France était dans sa période la plus brillante, elle atteignait à son apogée. Bossuet, dont le génie oratoire fut incomparable, était arrivé à la pleine perfection. Supérieurement doué, l'Aigle de Meaux dans sa sublimité de vol planait au-dessus des plus hauts sommets. Sa parole, dont la sonorité était si vibrante et si persuasive, avait quelque chose des inspirations et des accents d'un prophète. Bourdaloue, à qui l'on reconnaissait « un style qui a