Histoire de la Liltéralure française. 2 Essai. Notes
effacé tous les autres^», se faisait écouter de Louis XIV omnipotent et confondait par sa simplicité et son indépendance d'apotre les courtisans et les libertins, les précieuses et les favorites, les intrigantes el les empoisonneuses. Ces deux maîtres dans réloquence sacrée étaient des prédicateurs à l'égard desquels l'auteur des Dialogues ne pouvait refuser son admiration, il devait les juger l'un et l'autre dignes d'être écoutés et a])plaudis parce qu' « ils étaient de la race de ceux qui ne se servent de la parole que pour la pensée et de la pensée que pour la vérité et la vertu -». Est-ce à dire que l'éloquence de Bourdaloue et de Bossuet lui-même répondait pleinement en tout à l'idéal que Fénelon se faisait de l'oiateur chrétien? Nous n'oserions l'afiirmer. Peut-être jugeait-il Bossuet, qui fut sublime dans l'oraison funèbre, inégal et incomplet dans le sermon et Bourdaloue sec, terne, froid.
Faudrait-il en conclure que les éloges, décernés par un si éminent critique, n'étaient pas sincères et que Fénelon trouvait à reprendre à Bossuet, l'orateur par excellence et à Bourdaloue, le prédicateur hors de pair? Non, sans doute. Toutefois il est possible, dirons-nous avec Sainte-Beuve, que « lorsque Fénelon, jeune, entendait les prédicateurs les plus célèbres de son temps et Bourdaloue tout le premier, il n'en était pas entièrement satisfait; et il eût voulu en maints cas une manière de prêcher phis vive.