‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 147 sur 347 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

l'action oratoire de bourdalole 233

plus courte, plus familière, plus nuancée; il eut voulu qu'on ne put soupçonner en rien que le discours était écrit à l'avance, appris et retenu, mais qu'à de certaines inflexions, à de certaines incorrections involontaires et même à des négligences, on crût sentir que cela était dit de source et d'abondance de cœur, et que cette éloquence coulait de génie^ » Or, si son goût difficile lui faisait désirer plus de naturel, plus de jet, plus d'abondance, plus de vie, ces desiderata permettent-ils de supposer que Fénelon n'éprouvait pas une réelle admiration pour l'éloquence de Bourdaloue alors même qu'il la jugeait susceptible de perfectionnement? Ce fut sans doute sousl'empire de pareils sentiments, exagérés pareux, que certains esprits, sur la fin duxvin^ siècle, prétendirent que Bourdaloue avait été l'objet des critiques de Fénelon. Ils le trouvaient dépeint dans le mauvais prédicateur des Dialogues : Unifo7''me dans la voix et dans l'action^ sans variété, sans rien de familier^ d^ insinuant^ de iwpulaire^ de vif\ de figuré^ de sublime, ayant toujours les bras en mouvement et d'ordinaiy^e les yeux fermés et sentant Vécolier qui ne sait 'pas sa leçon-. A notre bumble avis, Fénelon ne pouvait avoir Bourdaloue en vue quand il fit ce portrait, et il nous paraît incontestable que c'était un autre prédicateur que lui, quelque prédicateur inférieur et de second ordre qui était l'objet de sa critique. Est-il possible de supposer, en ellel, que Fénelon,

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