‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 150 sur 347 · Causeries du Lundi, p · texte numérisé non relu

Causeries du Lundi, p

2. Essai sur VEloquenc.e de la Chaire, t. II, p. 312, p. 330.

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trouvait à l'entendre. » Qui pourrait concilier cette mémoire si rebelle, humiliant le prédicateur et déconcertant l'auditoire, avec la jouissance et le cliarme que Ton trouvait àentendre un si beau talent? On ne saurait en douter, iMaury voyait Bourdaloue à travers le portrait sensationnel des Dialogues pour le présenter en une aussi fâcheuse posture et nous nous refusons à l'y reconnaître. Peut-on dénaturer ainsi l'action oratoire de celui qui, après Bossuet, obtint les plus grands et les plus beaux succès de parole? Comme M'"" de Sévigné et les fins lettrés des xvif et xviii^ siècles, si unanimes dans leurs admirations, le vengent d'une aussi odieuse méconnaissance ! Non, non, Bourdaloue n'est ])as le ridicule et grotesque personnage dont Fénelon traça ladisgracieuse physionomie et ceux qui prétendent l'y trouver attentent audacieusement à la vérité. Pour nous, nous partageons le sentiment de Feugère qui attribuait à Bourdaloue « une bonne mémoire ^ ».

Nous le reconnaissons, Maury, en appliquant le jugement des Dialogues, s'efforçait de l'atténuer. 11 semblait vouloir en laisser toute la responsabilité à Fénelon afin de se dégager lui-même. 11 se trompait, car dans sa critique il nommait Bourdaloue, tandis que Fénelon ne le nommait pas. Et c'était sur un document indéterminé, impersonnel, qui pouvait viser toute une catégorie de prédicateurs, qu'il prenait sur lui de dire : voilà le ])ortrait de Bourdaloue! Mais était-il donc resté sourd aux acclamations du grand

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