Bourdaloue, Introduction, p
siècle? Etait-ce après les louanges unanimes elles plus hautes qu'il devait se permettre d'exhumer un portrait dont les contemporains n'avaient point reconnu l'original, au bas duquel le peintre n'avait pas mis de nom, j)our en appliquer la dissemblance à une physionomie qui en différait du tout au tout par la noblesse de ses lignes et par ses traits de race? Oui, nous ne craignons pas de le redire, Bourdaloue tenait des grands orateurs, il appartenait à la famille des prédicateurs éloquents, n'avait-il pas, a])rès Bossuet et avant Massillon, laissé dans la chaire de glorieux et d'immortels souvenirs? Aussi, à nos yeux, Maury est inexcusable d'avoir traité une question si grave sans assez d'examen et d'avoir osé la résoudre à la légère et de façon si partiale. A ]>areille désinvolture, le mot de Sainte-Beuve nous paraît mérité : « Maûry croyait deviner ce qu'il ne savait pas et il n'hésitait pas à décider et à trancher là où il en avait besoin; il avait l'assertion hautaine '. » A l'en croire, le manque de mémoire aurait obligé Bourdaloue à avoir sans cesse les yeux fermés, c'est ainsi, ajoute-t-il que tous ses portraits nous le représentent. Profonde erreur! au lieu de prétendre que tous les portraits de Bourdaloue le représentent « les yeux fermés », il aurait dû dire au contraire que tous, à l'exception d'un seul, celui de Jouvenet, fait après décès, représentent Bourdaloue les yeux tout grands ouverts. Il nous sera facile de le prouver.