Causeries du Lundi p
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Observons d'abord que le portrait de Bourdaloue par Jouvenet provoque de la part du P. Bretonneau des explications qui équivalent à des excuses et à une rectification. « Comme on n'a tiré, dit-il, le P. Bourdaloue qu'après sa mort, on a été obligé de lui laisser les yeux fermés dans le portrait qui est à la tête de ce volume et l'on n'a pas cru pouvoir mieux le mettre que dans la posture d'un homme qui médite ^ » Cette remarque a sa valeur, car elle porte avec elle la lumière. Elle prévient les contemporains du prédicateur contre la surprise qu'ils éprouveront à la vue de ce portrait représentant Bourdaloue les yeux fermés^ et elle précise le motif qui a nécessité cet état du regard si peu conforme à sa physionomie vivante dans leur souvenir. Le P. Bretonneau proteste encore contre cette allération de ressemblance qui constitue, pour lui comme pour tous ceux qui ont entendu Bourdaloue, un manque de fidélité. Jouvenet peignit le grand prédicateur tout aussitôt après sa mort. Artiste de mérite, ami des Jésuites et du vénérable défunt, on le pria de fixer ses traits et ce fut, d'après une étude faite à son chevet, qu'il exécuta le porlrait aux yeux fermés. 11 était loin de se douter qu'en laissant ainsi sur son visage l'empreinte du trépas et le calme du dernier sommeil, il accréditerait, cent ans après, la fausse légende d'un Bourdaloue prêchant les yeux fermes. En dépit de l'affirmalion de Maury, soute-