‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 17 sur 347 · Lettre circulaire · texte numérisé non relu

Lettre circulaire

les sphères de la plus pure spiritualité. La preuve qu'il était divinement appelé, c'est qu'il fit le plus grand bien el qu'il fut pleinement heureux dans son (Hat, et cela toujours, aux heures de la jeunesse comme à celles de la maturité et du déclin. Bourdaloue n'avait que seize ans quand il entrait au noviciat de la rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice. Le jeune transfuge de la famille et du monde, libre enfin, triomphait, comme on triomphe à son âge, heureux et fier d'avoir obtenu du présent la revanche du passé.

L'adolescent allait donc boire à l'eau pure des sources et contempler sur les hautes cimes les visions qui le hantaient. Pour apprécier son bonheur, il faut lire ses sermons sur la Vie religieuse ; ils dépeignent sa félicité à l'heure première de son oblation; ils sont, en effet, l'éloquente affirmation d'une paix ineffable et comme un cantique d'actions de grâces. Laissons arriver jusqu'à nos cœurs quelques échos de sa béatitude. Dans son émotion et sa reconnaissance, il appelle sa cellule « son paradis anticipé ' » ; il proclame qu'il « doit tout à l'ordre religieux dont il est le fils ~ » ; il publie qu'il est « pleinement satisfait et pleinement heureux ' ». Et cette paix du ciel, si supérieure k tous les bonheurs de la terre, il la goûtera et il la savourera sans aucun nuage durant les cinquante-six années de

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