BOURDALOUE, SES PANÉGYRIQUES ET SES ORAISONS , FUNÈBRES
Bourdaloiie dans le panéf^i/rique et Yoraifton funèbre. — Ses idées sur rélo<ïe des saints. — Sa méthode. — Les soins qu'il apporte à ces compositions. — Le Panënf/rique de sainl François de Sales. — Genève vaincue par la douceur du saint. — Les merveilles de son apostolat. — Bourdaloue dans la peinture des héros chrétiens. — François Xavier. — Le diacre Etienne. — Sainte Geneviève. — Efî'et de ses prédications. — Modestie du panégyriste. — Bourdaloue dans les Oraisons funèbres de Henri II de Bourbon et du grand Condé. — Le duc d'Enghien lui demande le premier de ces discours. — Le respect de la vérité historique. — Informations prises à Chantilly. — Les harangues du prince aux Etats de Languedoc et de Bourgogne. — Bourdaloue étudie son héros dans les oraisons funèbres du P. Nouet, de M»' de Cohon, du P. Berthet et de Cosme de Saint-Michel. — La cérémonie du 10 décembre 1683. — VOraison funèbre de Henri 11. — Bourdaloue montre en lui le modèle du prince chrétien. — Les portraits du père et du fils. — L'admiration des contemporains n'a pas été partagée par les beaux esprits du xix' siècle. — L'Oraison funèbre de Louis de Condé. — Bossuet dans la tribune faisant face à la chaire. — La cérémonie du 26 avril 1687. — Une gravure du temps. — Le prince revenu à la religion. — Hommage à Bossuet. — Le prince était un cœur solide, un cœur droit, un cœur chrétien. — Crof[uis de M'°^ de Sévigné. — L'impression produite par Bourdaloue.
L'éloquence de Bourdaloue s'étendait à tous les sujets, elle embrassait les éloges des saints comme ceux des grands du monde et se faisait une place d'honneur dans le panégjjriqiie et dans Voyxiison funèhre aussi bien que dans le sermoti. Ce genre délicat et difficile, tenant le milieu entre la louange et la moralité, où il est rare de réussir, convenait à la nature du talent oratoire de Bourdaloue, notre
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prédicateur s'y signala et y remporta des succès. En étudiant les saints, le panégyriste s'appliquait moins à faire leur éloge qu'à leur donner des imitateurs. Les plus |)ures, les plus hautes personnifications de l'héroïsme chrétien, les apôtres, les martyrs, les vierges étaient à ses yeux des modèles à suivre, et il s'attachait avant tout à proposer leurs vertus en exemple. La règle la plus sûre, dit-il, est de nous proposer leur sainteté comme le modèle de la nôtre ^ 11 a])pel]e le panégyrique <( un discours de religion, une règle pour former les mœurs, un exemple que Dieu nous propose et que nous devons nous appliquer- ». Bourdaloue semblait dans ses éloges se désintéresser en quelque sorte de la gloire de ceux qui en étaient Tobjet, tant il sentait qu'elle s'imposait d'elle-même, ])Our st; préoccuper surtout du salut de ceux qui l'écoutaient. On retrouve fréquemment dans ces discours, a remarqué le cardinal Maury, « la même puissance de raisonnement, la même profondeur de doctrine, le même bon goût d'érudition, qui font tant admirer ses sermons sur les Mystères et sur la morale de l'Evangile. Ses j)anégyriques peuvent donc soutenir, sous tous les rapports, une comparaison glorieuse avec ses autres discours^. » Bourdaloue, sans pouvoir être mis en parallèle avec Bossuel, est l'un des prédicateurs du xvii^ siècle les plus estimables dans ce genre.