‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 163 sur 347 · SES PANÉGYRIQLES ET SES ORAISONS FUNÈBRES · texte numérisé non relu

SES PANÉGYRIQLES ET SES ORAISONS FUNÈBRES

Sa métliode <''lait toute simple, elle consistait à reoueillir, dans riiistoirc; des saints, ce qui leur était le plus personnel, ce qui faisait leur caractère, et ces traits propres, distinctifs, originaux formaient le fond de ses éloges. 11 s'appliquait surtout à démontrer la grandeur et la beauté de ses héros par la riche exposition de la morale dont ils étaient la vivante et éloquente incarnation. Mettant ainsi en saillie les côtés les plus remarquables et les plus saisissants de leur àme, il les posait comme des types supérieurs et des modèles à imiter. De la sorte, il réussissait à placer les saints dans leur jour, et à les présenter dans tout leur lustre. Dépeignait-il un apôtre? il révélait les merveilles de son zèle dans ce qu'il avait de plus noble et de plus saint; célébrait-il un martyr? il en glorifiait l'héroïsme dans tout ce que son sacrifice avait de plus généreux et de plus sublime; préconisait-il une vierge? il en montrait la beauté et la grâce dans l'idéale délicatesse de sa V(*rtu.

Bourdaloue ne composait ses pajiégyyiqites qvik la suite de méditations profondes et il n'est aucun de ces discours qui ne porte la marque de l'étude et du labeur. Dans ses éloges, on voit apparaître, saisissantes et fidèles, les figures qu'il évoque. 11 n'y a pas une de ces compositions, en effet, qui ne renferme des beautés oratoires réelles. La critique, toutefois, lui reproche de ne s'être pas assez tenu dans les hauteurs du genre et de n'avoir pas assez haussé le ton. Il se peut que, dans les ardeurs de

254 BOLRDALOUE

son zèle, le panégyriste, qui recherche avant tout le salut de ses auditeurs, ne se soit pas assez attaché à éclairer et à orner les physionomies dessinées par son pinceau. 11 aurait pu, cela lui eut été si facile, appuyer davantage dans la peinture de la vie de ses personnages, les mettre plus en scène, éviter les digressions qui les tenaient à l'écart, en un mot, donner une vision plus vive de leur nature et de leur originalité. Alors ses panégyriques auraient été de vrais modèles. Bourdaloue, pour y exceller, n'avait, en effet, qu'à s'unir plus étroitement à ses héros, qu'aies maintenir au premier plan, qu'à les laisser se mouvoir, agir, parler, qu'à moins se substituer à eux, qu'à orner son langage de grâce et à l'aviver des feux de l'imagination. Hue ne se souvenait-il un peu plus du précepte de Quintilien : « Les panégyriques doivent avoir des Heurs et des grâces, et cet art qui étale toutes les beautés pour remplir l'attente de l'auditeur qui vient entendre un beau discours ^ »

Jugeons, maintenant, si l'éloquent prédicateur prenait le ton qui convient à ces compositions. Il nous faut l'entendre dans le Panégi/rique de saint François de Sales. Nous n'ignorons pas que ce panégyrique fut l'un des premiers sermons de Bourdaloue, nous avons dit comment on en découvrit la daleàla Bibliothèque Mazarine, il est du IG juin 1668 et fut prononce au couvent de la Visitation de Bennes. La douceur de François opéra les plus

Page 1