SES PANÉGYRIQUES ET SES ORAISONS FLNÈBRFJS
grands prodiges : u elle triompha de l'hérésie et elle rétablit la piété dans l'Eglise », tel est le plan du discours. « Genève, s'écrie Bourdaloue, était devenue la sujette de riuMésie. Depuis soixante ans, elle avait secoué le joug des puissances de la terre et du ciel pour se soumettre à celles de l'enfer... Plus de loi ui de prophète, les pierres du sanctuaire étaient dispersées, Jérusalem ne fut jamais plus digne de larmes, car elle n'avait été jusqu'alors violée que par ses ennemis, au lieu que Genève avait été livrée par ses propres habitants. Eux-mêmes avaient porté la main sur Fautel du Seigneur pour le renverser ; eux-mêmes avaient aboli les sacrifices et rompu lalliance que Dieu avait faite avec leurs pères. Or qui réparera ces ruines? Ne faut-il pas la force d'un conquérant pour purger cette terre de ses monstres? Non, il ne faut que la douceur de saint François de Sales... Le duc de Savoie forme un dessein digne de sa piété : ce prince entreprend la conversion de ce grand diocèse et François le seconde dans son entreprise. 11 en reçoit la mission de son évêque. Le Saint-Siège autorise ce choix et le nouvel apôtre est nommé évêque de Genève. Ainsi le voilà choisi pour exercer sur ces peuples égarés une domination aussi puissante que sainte. Genève lui obéira; il est son prince, elle relève de lui; il est son pasteur, elle est son troupeau... Si les armes de Savoie n'ont rien pu sur elle, il faut qu'elle soit vaincue par la douceur de François de Sales ^ » En présence de tant de