Panéijyrique desainl François de Sales
ruines, Bourdaloiie nous montre ]e héros armé de sa seule bonté, et, mieux qu'un conquérant, commandant à la victoire et domptant les passions et les monstres. La mansuétude de François accomplit ces prodiges.
Mais qui dira ses hauts faits, qui comptera ses triomphes? Ecoutons : « 11 entre dans cette ville désolée; il y marche comme un géant, autant de pas qu'il fait, autant de conquêtes. Partout il arbore l'étendard de la religion; partout on ne voit que des églises renaissantes. Chaque jour ramène de nouveaux sujets à Jésus-Christ, et chaque jour grossit la moisson... Les ministres de l'erreur sont ébranlés; François les gagne et en fait des ministres de l'Evangile... De tous les endroits de la France, l'hérésie vient rendre dommage à l'apôtre... Il y dispose l'un des plus grands hommes de notre siècle, le connétable de Lesdiguières; et pour vous prouver que je ne dis rien qui ne soit établi sur les preuves les plus certaines, je parle suivant la déposition publique des témoins les plus irréprochables; témoins oculaires, témoins illustres, qui nous apprennent que François gagna à l'Église et convertit plus de soixante et dix mille hérétiques ^ » Le panégyriste, on le voit, sait mettre la beauté du langage à la hauteur des actions. Sa parole concise, ardente a quelque chose des éclats de la trompette qui annonce la victoire.