‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 167 sur 347 · SES PANÉGYRIQUES ET SKS ORAISONS FL'NÈBRKS · texte numérisé non relu

SES PANÉGYRIQUES ET SKS ORAISONS FL'NÈBRKS

micr, il marche à leur tête, il les attire par son exemple, en leur faisant voir que la mort endurée pour Dieu, est un chemin qui conduit à la gloire et à la vie... Après lui, les autres sont devenus inébranlables, et les plus sanglantes persécutions ne les ont point ébranlés, ils marchaient à la suite d'Etienne... Outre qu'il souffre le premier, il souffre de tous les genres de martyre un des plus cruels: on le condamne à être lapidé... Sous cette grêle de pierres, il demeure ferme et immobile, il conserve au milieu de ses tourments toute la tranquillité et toute la paix de son àme; il s'entretient avec Dieu et lui recommande l'Eglise. Quel miracle de force ! 11 est si grand que le Fils de Dieu en veut être lui-même le spectateur; car c'est pour cela qu'il se lève de son trône, et que, touché de ce prodige, il se tient debout pour le considérer. Il ne se lève pas pour compatir, mais il se lève pour le voir combattre : il se lève poui' être plus prêta recevoir le généreux athlète de la foi. Les Juifs l'accablent de pierres et vous, Seigneur, vous vous serviez de ces pierres pour le couronner, ils lui en faisaient un supplice et vous lui en faisiez un diadème. » De tels accents étaient propres à exciter dans les âmes de saintes énergies. Cette éloquence, ignorée des rhéteurs, entraînait les cœurs et les portait à la hauteur de tous les sacrifices.

Encore un trait pris de l'éloge de sainte Geneviève, la patronne de Paris. Bourdaloue, après avoir délicatement dépeint la vierge avec les charmes de

son angélique vertu, la présente dans la force de son intrépidité et de son courage. « Geneviève est assez l'orLe dans sa faiblesse pour fléchir les puissances mêmes du ciel, pour humilier les plus fières puissances de la terre et pour confondre toutes les puissances de Tenfer. Prenez garde : je dis pour fléchir les puissances mêmes du ciel, apaisant la colère de Dieu, détournant ses fléaux et rengageant à suspendre ses foudres prêts à tomber sur nos têtes... Je dis pour humilier les plus fières puissances de la terre : ce fameux et barbare Attila en fut un exemple mémorable. Ce prince, accoutumé au sang et au carnage, marchait à la tête de la plus nombreuse arm('e. Déjà l'Allemagne avait éprouvé les tristes effets de sa fureur; (h'jiï notre France était inondée de ce torrent impi'luciix, qui répandait partout la terreur et portait le ravage et la désolation. Que lui opposer, et par où conjurer celte affreuse tempête?... Tout plie en sa présence, et sur son passage il ne trouve aucun obstacle qui l'arrête. L'heure cependant approche où ce cruel tyran doit être abattu, et toutes ses forces détruites : et comment? Ce sera assez pour cela de quelques larmes qui couleront des yeux de Geneviève et qu'elle versera au pied de l'autel. Oui, ses larmes suffisent ; l'ennemi se trouble, une subite frayeur le saisit, sa formidable armée est en déroute et l'orage comme une fumée se dissipe'. »> Celle lutte eulre la jeune

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