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SES PANÉGYRIQUES ET SES ORAISONS FUNÈllUES 265
ce prince, fondé en l'église de la rue Saint-Anloine une messe annuelle fixée au l" septembre, pour le repos de l'âme de son bienfaiteur, avec une oraison funèbre en langue française et qui devait être prêchée par un père de la Compagnie de Jésus ^ Le service établi pour cette fondation ne put être fait pour la première fois qu'en 1683 et, comme la date du 1" septembre ne convenait pas à cause de l'absence des familles aristocratiques de Paris à cette époque de Tannée, il fut remis au 10 décembre. Le choix du prédicateur, qui, d'après les termes du testament, appartenait au prince de Condé ou à son fils le duc d'Enghien, tomba sur le P. Bourdaloue ; une lettre écrite de Chantilly à ce dernier, pendant le Carême de Saint-Paul, l'invitait à remplir cet office ~.
A la date du 9 mars 1683, au commencement de la seconde semaine du Carême, Bourdaloue acquiesçait ainsi à la demande de M. le Prince : « Dans l'accablement du travail où je suis, il ne me reste pas assez d'esprit pour bien répondre, comme je le voudrais, à la lettre que Votre Altesse Sérénissime me fait l'honneur de m'écrire ; mais il me reste au moins assez de cœur, pour penser ce que je dois, et pour être dans les dispositions qu'elle souhaite de moi sur le sujet dont il s'agit. Ce ne sont donc ni mes occupations, ni ma santé qui m'empêcheront d'exécuter ses ordres. Je me ferai un plaisir, aussi bien
\. Archives de Chantilly, Cérémonial If. 2. Ibid.
qu'un devoir, de sacrifier tout pour lui marquer mon obéissance ; je la supplie seulement de trouver bon, qu'immédiatement après Pâques, j'aille la consulter elle-même et lui dire, avec cette confiance qu'elle a bien la bonté de me permettre, ce que mon devoir même m'oblige de lui représenter. Après quoi, Votre Altesse Sérénissime peut s'assurer qu'elle sera ponctuellement obéie et que je me rendrai très heureux de lui montrer, dans cette occasion, avec combien de reconnaissance, de respect, et si j'ose le dire, d'attachement pour sa personne, je suis son très humble et très obéissant serviteur'.» Bourdaloue était, en effet, «très heureux » de donner au prince de Condé cette preuve de dévouement et de gratitude. Bien avant déjà, dès 1647, à l'époque même de la mort de Henri II, alors qu'il n'était qu'élève de logique au collège de Bourges, il avait payé, nous nous en souvenons, un premier tribut à l'illustre défunt; aussi, lorsque, trente-six ans après, M. le Prince lui demandait le concours de sa parole pour célébrer la mémoire de son père, le prédicateur, qui avait conservé le culte de l'ancien gouverneur du Berry, se déclarait disposé à exécuter des ordres qui hii étaient « aussi chers que vénérables"^». Bourdaloue avait la fidélité du cœur. Il n'oubliait ni l'attachement des siens pour les Condé, ni la bienveillance dont il avait été
1. LcUre inédite de Boiird.ilniie à Condé, it mars 1683. Papiers de Corulr, t. XC, f" 2G.