‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 171 sur 347 · Oriiisoii fiin'ehre île Henri II de Bviirhoii · texte numérisé non relu

Oriiisoii fiin'ehre île Henri II de Bviirhoii

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lui-même robjet de la part de Henri II au collège de Bourges \ et il se sentait « heureux de pouvoir, dans un âge avancé, donner cette nouvelle marque de sa vénération et de sa gratitude pour les princes- ».

Aussitôt après le Carême de Saint-Paul, Bourdaloue se rendit à Chantilly afin de recueillir des documents authentiques. Les orateurs sacrés du xvii^ siècle, ceux du moins les i)lus en renom, ne composaient pas leurs oraisons funèbres à la légère, et, respectueux jusqu'au scrupule de la vérité historique, ils se livraient à des recherches patientes et minutieuses. Aussi certaines critiques de M. de Tréverret'^ n'atteignent-elles ni Bossuet ni Bourdaloue. Bossuet, le créateur de Toraison funèbre en France, comme l'ont prouvé M. Rébelliau pour Anne do Gonzague et M^" le duc d'Aumale pour Coudé, Bossuet mérite d'être admiré dans ces comjiositions autant comme historien que comme orateur. Bourdaloue à son tour échappe à ces critiques, car il apporte à ses éloges les soins les plus consciencieux. Non content de connaître Henri II, d'après les témoignages des habitants du Berry, ses administrés, d'après ses souvenirs personnels de famille et d'école, il fait un voyage à Chantilly pour contirmer et compléter ses premières informations. C'était au|)rès du grand Coudé, le lils de l'illustre défunt, qu'il

1. Le prince, qui présidait souvent les fêtes ducoUèf^'e, avait applaudi à ses premiers succès.

■2. Oraison f'tinèhve de Henri II de Bourbon. 3. Du Pané(jijri(]ue des saints nu xyii" siècle.

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avait voulu puiser ses documents et recueillir ces mille détails qui, comme autant de souvenirs vécus, devaient lui permettre de reconstituer au naturel et sous chacun de ses traits la figure de son héros. Bien plus, aux documents intimes il ajoutait les documents publics. 11 étudiait le prince dans les actes de son administration, il fouillait ses discours, ses harangues^ ses mémoires et jusqu'aux jugements portés sur sa personne et sur son gouvernement dans les provinces de Bourgogne et de Languedoc. Ce fut à Chantilly qu'il reçut des mains du fils les pièces manuscrites ou imprimées, lettres et discours qui devaient lui faire connaître le père. Puis, à Paris, aidé du gardien des archives de l'Hôtel, nommé Martin, il compulsa d'autres documents et avec ces pièces de première main, il reconstitua sous ses véritables traits la figure qu'il devait faire revivre.

Le prince se révélait, en effet, tout entier dans ses limwngues, à l'ouverture des Etats de Languedoc en 1628 et des États de Bourgogne en 1632. Esprit sage et cultivé, le style de Henri \\ était clair, facile et relevé d'une |)ointe gauloise. Profondément attaché à ses administrés, le prince ne les flattait pas, il parlait en maître qui sait se faire obéir, en administrateur qui sait se dévouer, en père qui sait se faire aimer; gouverneur modèle, il ne trompait jamais personne. A la lecture de ses écrits, le prédicateur se fit une idée juste du caractère, du talent et des mérites de M. le Prince et c'est ce qui lui permit, comme il devait si bien le dire, de le

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montrer au Conseil du Roi « en homme d'État, en général d'armée, en docteur et en maître, persuadant aussi bien que persuad(' et habile en tout' ». Pourvu de ces documents, Bourdaloue, avait raison d'affirmer « qu'il ferait profit de tout- », et (;omme la figure de son héros se reflétait mieux dans ses liaymngues, après l'y avoir attentivement contemplée, il la dépeignit dans tout son naturel et dans toute sa vie. Par un excès de véracité, Bourdaloue voulut encore pousser plus loin ses investigations, et il s'attacha à retrouver les Oraisons funèbres qui avaient été prononcées sur M. le Prince depuis sa mort. La recherche difficile de ces divers éloges ne devait |>as lui être d'un grand secours.

Sous la régence d'Anne d'Autri(ln'. épocjue troublée de notre histoire. r('*loquence de la chairt' t'Iail livrée au mauvais guùt. b'aitc d'antithèses et de métaphores, elle n'était qu'emphase et pathos et la disgracieuse expression d'une rhétorique prétentieuse et grossière. Ce ne fut certes pas dans les oraisons funèbres prononcées alors que Bourdaloue put s'inspirer et trouver des modèles. Suivant l'ordre chronologique, il se procura d'abord l'éloge prêché à Dijon par le P. Jacques Nouet de la Compagnie de Jésus et qui datait du jour même des funérailles de M. le Prince. Ce |)anégyriste connaissait Henri de Bourbon depuis longues années. Ancien i)remier régent de rhétorique au collège de Sainte-Marie

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