Dictionnaire historique
i. Journal d'Olivier Le/'evre iCOrmesson, t. I, p. 374.
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était détestable. Son discours, plein de prétentions, était semé de comparaisons fausses, d'images surannées et d'expressions ridicules ; il ne fut pas imprimé.
L'éloge funèbre de Henri II par le carme François Berthet n'était pas meilleur ni pour le fond ni pour la forme. On peut s'en faire une idée à ce début : « Le prince représentait Constantin pour l'Église, — Auguste pour la noblesse, — Justinien l)0ur la magistrature, — Charlemagne pour la science... » Cette citation, à elle seule, suffit pour ])rouverque le P. Berthet manquait complètement de mesure et de goût. Ne fallait-il pas en être entièrement dépourvu pour écraser ainsi Henri II sous cette accumulation de dons qui ne sont toujours que le lare partage du génie. Ce discours où se mêlaient, du commencement à la (in, la fausseté, l'exagération et l'emphase ne devait être pour Bourdaloue d'aucun secours.
Quant à l'éloge de Cosme de Saint-Michel, hàtonsnous de le dire, il lui fut avantageux de le connaître. Ce discours tranchait entre les autres. Ecrit de façon correcte, il se laissait lire et contenait des détails intéressants et dos aperçus utiles. Ln parlant de M. le Prince, le Feuillant sut faire revivre le défunt. Il bannit de son langage l'élément païen qui occu])ait une si grande place dans les oraisons funèbres de ses prédécesseurs, dans celle même de M*-'' de Cohon, quoique iMoréri ait avancé faussement que ce dernier sui)i)rimait dans ses discours les f ita-
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tiens profanes pour ne faire place qu'aux textes des Ecritures et des Pères i. En vrai prédicateur Cosme de Saint-Michel faisait àTÉvangile la part première ; on trouvait en lui des accents chrétiens qui ne manquaient ni do justesse ni de vigueur et qui semblaient devenir plus émus et plus touchants quand il les adressait au prince malheureux. Il associa les épreuves de son héros au mystère de la soulfrance divine, il rappela son exil, son emprisonnement à la Bastille, il bénit et remercia Dieu des afflictions et des disgrâces dont il avait été frappé. <( Tombons d'accord avec l'Evangile, disait-il, que ce lui est une autre gi'àce d'avoir porté l'auguste caractère du Christianisme et de n'avoir jamais manqué de souffrances. » Bourdaloue put tirer profit de ce discours qui portait la marque évangéiique. Après tant de recherches et tant de travail, Monmerqué n'hésitera pas cependant à déclarer que YOraiso?i funèbre de Henri //, par l'éloquent jésuite, n'eut pas le ton de gravité qui convient à l'histoire', nous verrons bientôt le cas que l'on doit faire de cette assertion.
Ce fut le 10 décembre 1683 que Bourdaloue prononça, dans Téglise de la rue Saint-Antoine, VOraison funèbre de Henri 11 de Bourbon. Nous savons après toutes les informations que nous venons de lui voir recueillir, s'il composa ce discours à la légère. La cour ne fut pas invitée à la cérémonie, les princes et les princesses de la maison de Condé devaient seuls