SES PANÉGYRIQUES ET SES ORAISONS FINÈBRES
lin mélange de force et de grâce, constituent la grande et la sublime éloquence. Mais, malgré ces desiderata, nous dirons avec Bayle : « Tout cela est beau, Bourdalouem'acbarmé ' » et avec le cardinal Maury : « On ne peut lire les œuvres de ce grand homme, sans se dire à soi-même, en désirant quelquefois plus d'élan à sa sensibilité, plus dardeur à son génie, plus de ce feu sacré qui embrasait Tàme de Bossuet, surtout plus d'éclat et de souplesse à son imagination : Voilà, si on y ajoute ce beau idéal, jusqu'où le génie de la chaire peut s'élever quand il est fécondé et soutenu par un immense travail^. » Nous terminerons en citant le mot de M""' de Montmorency au comte de Bussy : « Je meurs d'envie que vous voyez l'oraison funèbre de M. le Prince faite par Bourdaloue, nous l'admirons '^ »
L'éloge de Condé resta dans la mémoire de ceux qui l'avaient entendu et M'"* de Sévigné, sentant que <( l'absence de la lecture donne les pâles couleurs à l'esprit », relisait « toutes les belles oraisons funèbres de M. de Meaux, de M. l'abbé Fléchier, de M. de Mascaron, du Bow^daloue » et ravie à la saveur de « ces rogatons immortels », elle écrivait des Rochers à sa fille : « Il ne faut pas dire : Oh ! cela est vieux; non, ce n'est point vieux, c'est divin ^. » Aussi, en "dépit du temps qui efface et ruine, Tempus edax ! la postérité consacre encore de son admi-