V. iJretonneau, Prélace
SFS COMMKNCEMENTS 29
Dicté en laliii, selon Fusai^e du temps, à l'un de ses éli'ves, l'ouvrage a été traduit en français par M. Prolilet, j)rofesseur agrégé de l'Université de France. La rhétorique de Bourdaloue se distingue par sa clarté; elleestsimple, méthodique, pratique, etsemhle avoir servi de moule au style de son auteur. Toutes les notions, toutes les règles essentielles et importantes de la diction y sont à leur place et présentées dans une parfaite ordonnance et une saisissante lumière. Un bon juge trouve cette rhétorique « supérieure à la plupart des traités sur cette matière publiés avant ou après, et d'ordinaire arides, routiniers, compliqués et stériles^ ».
A})rès les lettres, Bourdaloue enseigna la philosophie. Les plus hautes et les plus difficiles questions de la métaphysique lui étaient si familières qu'il paraissait les résoudre en se jouant. Logicien impeccable, il était imprenable dans ses raisonnements, car il usait d'une argumentation dont la puissance était irrésistible. Son esprit vif et pénétrant, a dit Moréri, avait une exacte et pleine connaissance de tout ce qu'il devait savoir-. La philosophie était à ses yeux une base nécessaire pour s'élever aux hautes études morales et, religieuses et, ainsi préparé, il passa à l'enseignement de la théologie. La morale fut surtout le champ de ses investigations. Pressentait-il que son étude devait remplir sa vie? Bourdaloue ne paraissait jamais devant ses élèves sans